hectolitres d’amandes par an , ou soit pour
1.500.000 francs. Nous engageons donc tous les agriculteurs à ne pas négliger l’amandier, qui est d’une grande utilité et d’un grand rapport. Pendant que le parcours était toléré en Corse, le peu d’élévation de la tige de cet arbre était un obstacle sérieux à la prospérité de cette culture; aujourd’hui cet inconvénient n’existe plus, et nous aimons à croire qu’à l’avenir elle ne sera plus restreinte aux provinces du cap Corse, du Nebbio, de la Balagnc, de la Marana et de la Casinca.
Le Noyer. Les noyers en Corse acquièrent des proportions colossales ; ils couvrent les vallons des régions moutagneuses. Cet arbre fournit une amande très-recherchée comme fruit d’hiver. Son bois est également recherché par l’ébénisterie , c’est pourquoi nous ne saurions trop recommander d’en étendre la culture.
Figuier de Barbarie ( opuntia ficus indien). La culture du figuier de Barbarie, inconnue eu France et généralement dédaignée en Corse , nous semble pourtant mériter quelque attention. Le figuier de Barbarie n’est pas précisément un arbre, c’est une plante qui ne produit d’abord aucune tige, mais seulement des feuilles ovales, longues depuis huit jusqu’à quinze et vingt pouces, larges depuis quatre jusqu’à huit, épaisses de six ou huit lignes, et couvertes d’épines fortes longues d’un pouce et d’un vert poli ; elles poussent les unes sur les autres par une excroissance qui se forme à l’extrémité; lorsque plusieurs de ces feuilles ainsi superposées
I,A COKSE ET SOX AVEMIt.
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vieillissent quelques années, les plus basses prenuent de la consistance, s’iirrondissent en forme de tronc, se durcissent , se lignifient ; c’est dans ce cas que le figuier de Barbarie prend la forme d’un arbre. Ses feuilles sont charnues; pendant la première année, elles ne renferment presque que de l’eau. Le fruit de cette plante est d’une utilité incontestable; les Corses l’ont plantée de tout temps, ils mangent volontiers son fruit, qui est du reste excellent, très-salubre et un peu astringent. Les porcs, les vaches, les chevaux , les mulets et les ènes se nourrissent également de ce fruit. C’est donc une ressource dont l’utilité ne peut être contestée. Cette plante pousse partout, même dans les parties les plus arides. Sur le continent français , les rochers sont improductifs ; il n’en est pas de même en Corse, les figuiers de Barbarie y réussissent bien ; par conséquent , ils pourraient développer dans cette île une industrie que la betterave et la canne à sucre alimentent de nos jours; nous voulons parler de la fabrication du sucre et de la distillerie des alcools.
Le Chardon sauvage. Les terres cultivées ou en friche produisent spontanément une quantité prodigieuse de chardons sauvages qui acquièrent en peu de temps une force merveilleuse. On sait à quoi cette plante est employée : les fabriques de tissus de laine en font une très-grande consommation. L’Angleterre et la Belgique en achètent beaucoup en France pour leurs manufactures de draps, de chapeaux et de bas. On pourrait facilement étendre cette culture en semant le chardon en pépinière au mois de mars pour le repiquer en automne, lin hectare de terrain donne environ cent soixante mille têtes.