‹ La Corse et son avenirChapitre 116 sur 256 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

elle aussi, dans la voie déjà si bien tracée par notre belle colonie.

Le tajjpc qu’on récolte en France est trop inférieur, même celui du département des Bouches-du-Rhône, qui est pourtant supérieur à tous les autres. N’y aurait-il pas grand avantage à naturaliser en Corse la belle espèce dite tabac de Virginie 1 ? Quels sont les obstacles qui s’y opposeraient? Nous n’en connaissons aucun : le climat et le sol lui sont très-favorables; les expériences qui ont été déjà faites ont donné les plus belles espérances. Cette culture, comme tant d’autres, pourrait donc prendre un très-grand développement.

Comme nous l’avons dit au chapitre II/, on cultive du tabac dans plusieurs localités de la Corse; mais nous avons eu soin de faire observer que les récoltes sont peu abondantes et qu’elles proviennent d’une semence de mauvaise espèce.

Indépendamment de leur incurie sur le choix de la graine, ce qui n’est pas indifférent, les agriculteurs corses ne savent ci l’élever sur pied par les travaux qu’exige la plante, ni le faire arriver par les bons procédés au degré de siccité nécessaire pour le livrer au commerce ; aussi leur tabac , produit par des plantes énervées, et séché sans attention ni méthode, est maigre, les feuilles sont minces, transparentes, friables. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que le tabac de la Corse ne soit pas admis dans les manufactures du gouvernement.

Puisque déjà on a complété quelques essais importants, nous ne saurions douter qu’ils ne soient un

1 Le tabac demande un sol argileux ou sableux, sec et riche, abrite contre le nord, et qu'on prépare comme pour les plantes sarclées.

acheminement vers un grand progrès. La différence marquée qui existe entre les plantations de bonne espèce et le tabac récolté par les indigènes^ prouve jusqu’à la dernière évidence que si celui du pays n’est pas plus renommé qu’il ne l’a été jusqu’à présent, c’est la faute des cultivateurs, et non celle du terroir ou du climat.

Des denrées coloniales.

Les cultures qu’il convient d’introduire en Corse sont nombreuses : le coton, l’indigo et la canne à sucre sont autant de plantes industrielles qui s’accommodent parfaitement des terrains de File , et qui pourraient dans un avenir prochain porter très-haut la richesse du pays.

Nous n’avons pas besoin de faire de grands efforts d’esprit pour en convaincre le lecteur. Nous affirmons à l’avance que l’époque n’est peut-être pas éloignée où la Corse comptera par centaines de millions les matières premières qu’elle pourra fournir à la France et à l’étranger.

Le Cotox. Le coton deviendra pour la Corse une branche de commerce de la plus haute importance. Plusieurs de nos concitoyens en ont cultivé; tous ont abouti à des résultats très-heureux. Les succès qu’on obtient depuis peu d’années en Algérie, les avantages incalculables que celte jeune colonie retire de cette culture, devraient, ce nous semble, engager les agriculteurs de l’ile à prendre en sérieuse considé-

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