‹ La Corse et son avenirChapitre 117 sur 256 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

ration cette plante industrielle si utile sous plusieurs points de vue.

C’est seulement en 1851 qu’on a fait des essais de cette culture en Afrique ; aujourd’hui on compte plus de 4,000 hectares ensemencés, et, dans huit à dix ans, la culture du coton en Algérie sera infailliblement décuplée.

Quoique cette culture soit extrêmement facile, il faut cependant que l’on étudie par la pratique quelles sont la qualité de terre, l’exposition, la saison qui lui conviennent le mieux. Personne jusqu’à présent n’est versé dans la connaissance de cette culture; il est pourtant indispensable de savoir, avant tout , faire la distinction entre le coton arbuste, qui dure plusieurs années, et le colon herbacé, qui est annuel; entre le brin à longue soie et celui à courte soie. II est également indipensable de savoir comment on doit semer, afin de pouvoir garder les distances nécessaires selon que l’espèce est arbuste ou herbacée, de connaître mieux les expositions et la nature de terre qui conviennent; il faut enfin sortir de l’enfance de l’art, et l’ilc de Corse, à l’instar de l’Algérie et de l’Egypte, versera, elle aussi, sur le continent français de grandes quantités de coton. Cette plante exige très-peu de frais de main-d’œuvre : c’est un motif de plus qui doit engager les agriculteurs insulaires à la propager autant qu’il dépendra d’eux.

o Le climat de la Corse, dit M. Conti, receveur général de ce pays ', est favorable à la culture du cotonnier; et pour savoir si la nature du sol lui est également propice , il suffira de dire que l’expérience a

1 Président de ta société d’agriculture d'Ajaccio : Mémoire sur la culture du coton en Corse.

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démontré que le coton s’accommode de tous les terrains , et même de ceux qui sont les moins propres aux autres cultures, poorvu qu’ils ne soient pas glaiseux. Les espèces Jumel et Géorgie longue soie, qui se plaisent sur les bords de la mer cl sur les coteaux imprégnés des émanations salines, ne sauraient trouver un sol plus heureux que celui de nos rivages.

n Ce qui s’est fait pour l’Algérie ne pourrait-il pas se faire pour la Corse? Si quelques propriétaires s’entendaient pour ensemencer, à titre d’essai , une vingtaine d’hectares de graine de cotonnier, je m’assure que le ministre de l’agriculture et du commerce suivrait l’exemple de son collègue de la guerre, et consentirait à acheter de nos planteurs jusqu’au moment où, comme en Algérie , l’industrie privée se chargera de l’égrenage.

n L’égrenage ajoute sans doute une grande valeur commerciale au coton ; mais la plante, en elle-même, est assez riche pour rémunérer largement le travail purement agricole.

» Le prix auquel le ministre de la guerre achète, en Algérie, le coton en capsule, est de 3 francs le kilog. ou 300 francs le quintal métrique. Or, un hecîare de terre ensemencé en coton rend, suivant le degré de soins et d’appropriation , de 2 à 6 quintaux métriques de capsules. En prenant la moyenne de ces deux nombres, soit 4 quintaux, un hectare donnerait donc un produit de 1,200 francs, sur lequel il n’y aurait à déduire que les frais ordinaires de culture.

» D’après ces données, qui ont été puisées dans des documents officiels, on voit clairement quel pourraitètre l’avenir de la Corse. Son territoire, déduction faite de la superficie occupée par les forêts, les châtaigniers,

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