‹ La Corse et son avenirChapitre 118 sur 256 · CHAPITRE DIXIÈME. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. Î

les oliviers, les jardins et les vignes, contient, d’après Robiquet, .‘157,408 hectares cultivés ou cultivables en grains. En admettant que la moitié seulement de celte quantité soit susceptible de recevoir des plantations de coton , et qu’en adoptant le système triennal , le tiers de cette moitié, c’est-à-dire 59,535 hectares, soit consacré à cette riche culture, il s’ensuivrait qu’à raison de 4 quintaux métriques par hectare on recueillerait, par an, 238,140 quintaux métriques de coton. en capsule, qui , au prix de 300 francs le quintal , donneraient annuellement un revenu brut de 71,443,000 francs.

» Ce chiffre paraîtra hyperbolique et impossible, et cependant ces miracles de l’industrie agricole ne sont pas rares de nos jours. Sans revenir sur la transformation que l’Algérie subit dans ce moment, combien dans les Amériques et même en Europe ne compte-t-on pas de contrées qui, par l’introduction d’une culture spéciale, ont passé en quelques années d’un état d’improduction complète à celui de la plus haute prospérité?

« On a souvent dit que pour changer la face d’un pays il suffirait d’un homme ou d’une plante. Eh bien ! pour la Corse la plante est trouvée : il ne s’agit plus que de l’y naturaliser. A cet effet, nous proposons d’ouvrir une liste de souscription où viendraient s’inscrire les propriétaires qui désireraient consacrer une partie quelconque de leur terre à un essai de la culture du coton. Lorsque les souscriptions auraient atteint le chiffre d’au moins 20 hectares, XI. le préfet serait prié , au nom de la société d’agriculture , de faire des démarches auprès de S. Exc. le ministre de l’agriculture et du commerce afin d’obtenir :

» 1" Qu’un bon choix de graines de coton nous soit

envoyé en quantité suffisante pour être distribué aux propriétaires souscripteurs ;

» 2° Qu’un agronome expert dans la culture du colon reçoive la mission officielle de venir diriger nos planteurs dans leurs essais ;

» 3° Qu’il soit décidé que les récoltes de coton qui seraient faites en Corse seraient achetées par l’administration au même prix que celui de l’Algérie ;

».4" Enfin, que ces décisions soient prises en temps assez utile pour que les ensemencements puissent avoir lieu au mois d’avril prochain. »

De telles paroles, provenant d’une autorité aussi compétente, sont de nature à convaincre les plus incrédules, à provoquer d’heureuses tentatives; elles nous donnent une juste idée de ce que pourrait être la Corse à cet égard. Xous nous associons de bon cœur aux pensées de M. Conti, et nous faisons des vœux ardents pour la prochaine réalisation des divers projets qu’il a conçus jusqu’à présent sous l’inspiration d’un sentiment élevé de patriotisme, en vue de servir la cause de la civilisation de son pays et de contribuer, par son intelligence et ses ressources financières, au développement matériel de l’ile entière.

[/Indigo. Les essais en indigo ont été encourageants; celte plante précieuse est, comme le coton, d’une culture très-facile ; il suffit de semer la graine dans une terre bien labourée , de la sarcler et de la faucher lorsqu’elle est mûre. Elle est bisannuelle. Si on veut l’exploiter avec avantage, il faut en recueillir une grande quantité, afin de pouvoir monter une indigoterie au moyen de laquelle on obtient cette magnifique fécule qui a tant de valeur dans le commerce. Les cultiva-

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