‹ La Corse et son avenirChapitre 13 sur 256 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

» battirent dans la piève d’Alesani où ils s’étaient réfu- « giés. Après cette défaite , on les tua sans pitié partout » où on les rencontra. »

Henri de la Rocca, fils de Guillaume, dont l’autorité grandissait tous les jours, voulut continuer l’œuvre si heureusement commencée par son père. Il eut à combattre Tridano de la Torre, chargé de pleins pouvoirs de la république de Gènes. Henri de la Rocca, forcé de s’expatrier, se rendit en Espagne auprès du roi d’Aragon pour lui demander des secours; et, quelque temps après , il revint en Corse avec des forces imposantes.

Son premier soin fut d’attaquer, et de réduire le château de Cinarca. Il s’en empara promptement, et après plusieurs victoires , grâce à la sympathie du peuple qu’il avait su s’attirer, il put soumettre tout le pays en peu de jours (1372). Les deux villes de Calvi et Ronifacio furent les seules que purent conserver les Génois.

Fier de ses exploits et du puissant concours des insulaires, Henri de la Rocca s’appliqua à effacer les maux de l’administration génoise, et pendant quelques années il fut l’idole d’un peuple qui put jouir sans inquiétude d’une prospérité depuis longtemps inconnue. Malheureusement ce bonheur intérieur, ce calme profond ne furent pas longtemps maintenus; car Henri, affectant dans la suite un souverain mépris pour les lois , s’attira la haine de toute la Corse. Un système de répression et de rigueur devint conséquemment indispensable.

Ses ennemis devenaient de plus en plus nombreux ; et en même temps que ce mécontentement perçait presque dans toutes les parties de l’ile, Gênes, ne pou-

vant plus prêter à la Corse une attention particulière , accueillit sans hésitation une proposition faite par cinq sociétaires génois connus sous le nom de la Maona. Cette compagnie avait pour but et se proposait d’aller soumettre la Corse pour son propre compte. Dès que les préparatifs de l’expédition furent complétés , elle partit pour sa destination.

Les nouveaux gouverneurs furent loin d’atteindre le but qu’ils s’étaient proposé. Henri de la Rocca, toujours vainqueur, força la compagnie à abandonner la partie en 1380, et à se retirer dans sa patrie humiliée et ruinée.

Comme il est facile de le comprendre, à la chute de la Maona, la république, qui avait momentanément cédé ses droits, voulut être réintégrée; à cet elfel elle tenta de nouveau de soumettre la Corse , en confiant la direction des affaires à Lamellino, un des sociétaires de Maona.

Le nouveau gouverneur subit le sort des autres : réduit à l’impuissance , il quitta la Corse après dix ans de séjour (1391).

A Lamellino succéda J. U. Zoaglia, et comme ses prédécesseurs il marcha contre Henri de la Rocca. 11 le vainquit. Mais cet échec devait quelque temps après être réparé par de nouveaux succès. Henri de la Rocca défait vola aussitôt en Espagne , fut parfaitement accueilli par le roi Jean. Celui-ci mit à sa disposition les troupes dont il avait besoin pour chasser ses ennemis , et ce fut ainsi que Zoaglia , d’abord victorieux , fut promptement battu, et fait prisonnier.

Son successeur Panzano, général habile, essuya à son tour une déroute complète auprès de Biguglia (1394);

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