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CHAPITRE DEUXIÈME

cc fut à la suite de ces triomphes consécutifs que l’ile de Corse , à l’exception de Bonifacio et Calvi , tomba une seconde fois sous la domination d’Henri de la Rocca.

Gènes humiliée , ses troupes taillées en pièces , il fallut s’attendre au renouvellement des hostilités.

Raphaël Montalto ne tarda pas à se présenter bientôt après avec le commandement d’une forte armée. Il alla à la rencontre d’Henri, le combattit bravement, et le força, après une résistance des plus héroïques, à abandonner la Terre de commune. On n’est pas bien fixé aujourd’hui, dit l’historien Friess, sur l’étendue de pays que renfermait autrefois la Terre de commune; cependant Limperani , qui écrivait au temps de Paoli , où la Terre de commune jouait un rôle important , s’exprime à cet égard d’une manière très-précise. « Tout » le pays , dit-il , qui s’étend en longueur des monts » (la chaîne de montagnes du système transversal ) jus- » qu’à Brando, et en largeur d’Aleria jusqu’à Calvi, fut » appelé et s’appelle encore aujourd’hui Terre de com- » mune. »

Peu généreux envers leur ennemi, les Génois l’empoisonnèrent lâchement; et ce fut à la suite de cet événement qu’une paix lut traitée avec François de la Rocca, fils d’Henri. Celui-ci livra ses domaines pour recevoir en récompense la nomination de lieutenant général de la république pour la Terre de commune (1401 ).

Le calme se fit alors; mais tandis que le pays tout entier respirait un peu et semblait sentir le besoin de se reposer quelques années à l’ombre d’une paix bienfaitrice , Lamellino, d’abord ancien sociétaire de la Maona, puis gouverneur pour la république, obtint de

Charles VI, roi de France, le titre de comte, et la Corse comme fief (1407). Ce changement dans l’administration, joint à la ty rannie du gouverneur, amena des troubles sérieux, et arma le bras de Vincentellod’Istria, neveu d’Henri de la Rocca. Il débarqua dans I’ile avec une armée prête à combattre. Le premier soin de ce prétendant fut de s’emparer du château de Cinarca, puis de Biguglia, place importante qui lui valut la nomination de comte de Corse. Sans plus tarder et voulant tirer le meilleur parti de ses premiers succès, Vincentello attaqua Bastia, s’en rendit maître. Laraellino démoralisé, s’apercevant que sa position empirait de plus en plus, demanda des secours à Gènes , livra à son tour un combat à son adversaire, le blessa, le força à battre en retraite ; mais aussitôt guéri , Vincentello reprit l’offensive , tailla en pièces les Génois , les mit dans la dure nécessité d’abandonner toutes leurs conquêtes (1410).

Impuissante par les armes, on vit alors Gènes recourir à la ruse et à l’intrigue; mais peu heureuse sur le champ de bataille, elle eut le même sort sur le champ de la politique. Les luttes se succédèrent, mais elles tournèrent toutes à l’avantage de Vincentello, grâce aux secours que lui avait accordés Alphonse d’Aragon. Squarciafico, Lomellino, Campo-Fregoso avec leurs armées furent battus, partout repoussés, et n’eurent plus d’autres possessions que Calvi et Bonifacio (1419).

L’année d’après, Alphonse, roi d’Aragon, fil lui-même une apparition en Corse, mit le siège devant Bonifacio, puis il partit pour Naples sans avoir pu se rendre maître de cette ville, laissant à Vincentello le soin de poursuivre les opérations militaires qu’il avait entamées.

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