CHAPITRE QUATORZIÈME
diversité de ses eaux minérales, la Corse française enfin est complètement déshéritée des avantages inhérents à sa structure physique. C’est un malheur, c’est une injustice, et il est déplorable qu’un Français sème de l’argent sur une terre étrangère au préjudice d’un pays qui, lui aussi, offre des charmes peut-être plus attrayants à l’artiste et au penseur, aux louristes et aux malades.
Située à quelques lieues des côtes de France , l’ilc de Corse devrait , ce nous semble , être visitée de préférence à tout autre pays : car, dit M. Constantin James, «le temps n’est plus où un voyage en Corse » exigeait une navigation de plusieurs jours, qui avait » ses fatigues cl même ses dangers. Grâce à la vapeur, » il ne faut que vingt heures aujourd’hui pour se ren- » dre de Marseille à Culvi, Bastia, Ajaccio; et cepen- » dant combien peu de personnes entreprennent une » semblable excursion. »
Malheureusement de fausses préventions éloignent de nos rivages les visiteurs et les malades; jusqu’ici la puissance d’aucune plume n’a détruit ces vieux préjugés qui représentent notre pays sous le jour le moins favorable, et le condamnent impitoyablement à l’isolement, à l’abandon le plus triste.
Ainsi délaissé, dédaigné par la mère patrie, les lumières pénètrent lentement dans les campagnes; aussi c’est avec raison qu’on se plaint et qu’on a le droit de dire :
Fronçai», vous faites peu pour venir au secours d'une contrée gui mérite un meilleur sort.
Certainement nous n’avons pas besoin de faire ressortir l’influence qu’exerceraient les eaux minérales de
ts.
la Corse sur la prospérité de l’ile, si un jour ces eaux étaient fréquentées par les baigneurs du continent. Il nous suffit de tourner nos regards vers ces contrées jadis pauvres et aujourd’hui riches pour être convaincu de l’opportunité du progrès des eaux minérales, soit au point de vue de la civilisation, soit au point de vue de l’intérêt matériel.
Que seraient Bonnes, Cauterets, Ludion, Saint-Sauveur, Bigorre, Baréges, sans le secours de leurs eaux? Partout il y aurait la misère à la place de l’aisance.
Nous nous demandons pourquoi les eaux de la Corse seraient plus longtemps dédaignées par cette population flottante de continentaux distingués qui voyage par plaisir ou par besoin !
Les Marseillais s’en vont à Lucqucs, en Suisse, ou ailleurs chercher la santé ou l’agrément; pourquoi ne viennent-ils pas en Corse? ils y trouveraient des eaux très-efficaces, un air pur cl salutaire, de belles montagnes, des promenades agréables et des plaisirs séduisants.
Nous entendons une voix qui nous crie : Les propriétés curatives de vos eaux sont inconnues sur le continent. C’est peut-être vrai; c’est pourquoi nous allons faire connaître au lecteur quels sont les établissements thermaux qui se recommandent à l’attention des médecins et des malades.
N’étant ni médecin ni chimiste, nous nous voyons dans la nécessité de recourir aux notes, aux recherches de gens qui, plus compétents que nous, ont analysé ces eaux , étudié les effets physiologiques et thérapeutiques de leur médication.
Nous nous occuperons des cinq principaux élablis-