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CHAPITRE QUATORZIÈME

' semenls de la Corse : c’est-à-dire des bains de Guagno, de Pietrapola , de Guitera, d’Orezza et de Puzzichcllo.

Bains do Guagno.

Les eaux thermales de Guagno sont situées à G3 kilomètres d’Ajaccio, à 12 kilomètres de Vico, dans un vallon qui s’étend de l’est à l’ouest de Jacconi jusqu’à Caselle, et du nord au sud de la branche principale du Liamone, qui n’en est distante que de cent cinquante pas environ.

La célébrité de ces eaux remonte à une haute antiquité, ainsi que l’attestent les recherches de Philippini dans son Histoire de la Corse (1594). Toutefois les agitations qui ont troublé cette contrée pendant une longue période d’années avaient puissamment concouru à l’oubli dans lequel ces eaux étaient restées. Ce ne fut qu?en 1711 , bien qu’à cette époque la Corse supportât encore le joug odieux des Génois , que le P. Jean , cordelier de l’ordre de Saint-François, fit construire, du produit des quêtes faites à cette intention, trois bassins en granit qui existaient encore il y a peu d’années, et dont on trouve une description détaillée et fidèle dans les recherches sur la topographie physique et médicale de la Corse, par M. le docteur Thiriaux, actuellement membre du conseil de santé. Cent ans après, de 1808 à 1810, on construisit le bassin de la petite source, appelée source degli occhi, des yeux. A la même époque, la province demanda et le département rétribua un médecin inspecteur des eaux. De

1821 à 1823, lorsque l’administration de la guerre commença à envoyer à l’établissement thermal dé Guagno des militaires malades de la 17* division ( île de ^orse), le département fit construire un établissement thermal qui a existé jusqu’en 1848.

L’établissement de la petite source, construit en 1808, existe toujours, et les effets de ces eaux sont merveilleux pour la guérison des organes les plus délicats , les yeux, les oreilles, toutes les parties de la face qui peuvent être affectées, et surtout elles opèrent des cures admirables dans les maladies de la vessie.

Au lieu des établissements qu’on remarque aujourd’hui à Guagno, il n’y avait autrefois que de misérables cabanes couvertes de fougère , où les malades étaient obligés d’apporter eux-mêmes des matelas et des ustensiles. Les bassins n’étaient pas mieux couverts que les maisons. Les chemins qui conduisaient à ces bains étaient assez en harmonie avec la tenue des habitations. 11 n’y avait point de roules carrossables. Malgré celte perspective peu réjouissante , les eaux de Guagno avaient une efficacité si bien reconnue qu’elles attiraient chaque année une affluence considérable.

Il existe actuellement trois établissements construits sur de vastes proportions : un établissement thermal, un hôpital militaire et un établissement civil.

La route qui , dans quelques parties de son parcours, longe la mer, est partout grande, belle et très-bien entretenue. Nous allons faire une rapide description de ces établissements.

L’établissement thermal se compose de trois corps de bâtiment qui, réunis entre eux à angle droit, circonscrivent une vaste cour par laquelle on entre. Il est

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