‹ La Corse et son avenirChapitre 152 sur 256 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

» promenades qui offriront tout le charme d’uu jardin n anglais de la nature , les eaux de (îuagno attireront » la foule et que la promenade en Corse sera doublen ment excitée par l’intérêt que ce pays fait naître à » chaque pas et sous tous les rapports. »

En effet, la beauté des sites qui environnent ces bains, leur proximité avec Marseille et l’Italie, l'agrément d’une traversée de dix-huit heures pendant l’été sur une mer tranquille, le voyage dans un pays vierge qui a fait dire à un grand écrivain qu’il était le plus joli de l’univers, le beau ciel qui anime cette nature, rivalisant avec celui d’Italie dans toute sa sérénité, les propriétés curatives de ces eaux devenues célèbres, peuvent laisser espérer de voir se réaliser une conception dont le résultat serait vital pour la prospérité de l’ile de Corse.

Nous croyons fermement, nous aussi, que le jour où ces eaux seront exploitées par une de ces compagnies puissantes qui font la fortune des thermes du continent eu même temps qu’elles font la leur, ce jour-là les bains de Guagno prendront le plus grand essor et rivaliseront avantageusement avec les établissements thermaux qui sont depuis longtemps en possession d’attirer l’élite de la société française '. Ce jour-là, disons-nous, les étrangers viendront de tous les points de l’Europe admirer et parcourir le beau pays de la Corse , de même qu’ils parcourent de nos jours d’autres contrées peut-être moins intéressantes que la nôtre.

Que les continentaux se décident donc à aller visiter

1 Le propriétaire de cet établissement consentirait à le vendre , si une compagnie voulait s’en emparer. S'adresser, pour avoir d'amples détails, à l’auteur, Fossés de l’intendance, n" 54, & Bordeaux; ou, à Paris, rue Corneille , 5.

les eaux de Guagno; ils trouveront tous les avantages réunis en quelque sorte exprès pour eux. Une traversée de peu d’heures, et les voilà qui, après un court voyage, partis le vendredi de Marseille, déjeunent le samedi à Ajaccio et dînent à Guagno le même jour. Chemin faisant, que de sujets pour eux de se féliciter d’avoir entrepris un si petit voyage ! La vue d’un golfe magnifique, un des plus beaux du monde ; et à peine quittent-ils cette jolie ville d’Ajaccio, coquettement assise dans le fond de ce golfe, qu’ils ne pénètrent dans l’intérieur des terres que pour ne pouvoir plus regretter ni Ajaccio qu’ils ont entrevu, ni le pays qu’ils habitent !

Quant aux mœurs de la Corse, si elles sont quelque peu différentes des mœurs continentales (inoffensives, du reste, comme le reconnaissent les contincntanx qui l’habitent), n’est-ce pas un attrait de plus? N’y a-t-il pas plaisir à étudier le pays natal de Napoléon -et la terre classique des bandits, aussi peu dangereux, partant aussi curieux qu’au théâtre ! C’est le charme d’un voyage à l’étranger , et c’est toujours la France ; un Français ne préfère-t-il point être utile à la France plutôt que d’alimenter le commerce d’une ville étrangère , joint à la proximité relative presque avec les mêmes avantages que partout ailleurs et moins de frais?

Bains de Piclrapola.

Les bains de Piclrapola, situés dans le canton de Prunclli, à 20 lieues de lkstia et à 12 de Corle , jouissent d’une réputation d’efficacité bien méritée.

Ces bains, comme ceux de Guagno, remontent à la

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