CHAPITRE QUATORZIÈME
Eaux acidulés d'Orezza.
Les eaux acidulés et ferrugineuses d’Orezza , situées à dix lieues de Corle, dans le canton de Piedicroce, jaillissent au fond d’une magnifique vallée sur la rive droite du Fiumalto.
Ces eaux, d’une efficacité remarquable, attirent tous les ans des milliers de baigneurs qui ont besoin de leur demander la santé. Les sources sont au nombre de deux : l’une, appelée Sorgente alla, source haute, sort et coule sur le coteau ; l’autre, appelée Sorgente ba&sa, source basse, est plus considérable que la première. Elle sourd à 300 mètres environ de celle-là, près d’un petit plateau qui la sépare du torrent. Cette source, inconnue ou négligée jusqu’en 1777, fut accréditée par des officiers de santé français , MM. Castagnoux et Vachez. C’est la plus importante, et c’est celle dont nous allons nous occuper.
Laissons parler M. James :
«Cette eau, dit-il, pétillé et mousse en sortant; sa fraîcheur est extrême (14 degrés centigrades). Recueillie dans un verre, cette eau se trouble légèrement par le dégagement de nombreuses bulles de gaz acide carbonique, puis elle reprend toute sa limpidité. Sa saveur est piquante , aigrelette , acidulé , avec un arrièregoût styplique qui n’a rien de désagréable. On aperçoit sur tout le trajet que parcourt la source des dépôts rougeâtres et filamenteux, qui ne sont autre chose que du carbonate de fer mêlé d’un peu de glairine. Quant au
sous-sol, il est presque exclusivement formé d’argile marneuse, dans laquelle le fer existe avec tant d’abondance qu’il n’est même point passé à l’état d’oxyde.
» Un excellent travail sur l’eau d’Orezza vient d’être publié par \I. Poggiale. 11 résulte des opérations auxquelles ce savant chimiste s’est livré quel ,000 grammes do cette eau contiennent 0 gramme 128 de carbonate de protoxyde de fer et l litre 248 d’acide carbonique libre ou provenant des bicarbonates. C’est donc une eau excessivement remarquable. Elle l’emporte par la proportion do fer et de gaz qu’elle renferme sur les oaux ferrugineuses et gazeuses les plus célèbres, telles queSpa, Schwalbach et Pirmont. Ainsi, par exemple, le Pouchon de Spa , qu’on cite avec raison comme le type des eaux ferro-gazeuses, ne contient, pour la même quantité d’eau, que 0 gramme 77 de carbonate de fer et 0 litre 880 d’acide carbonique.
n Si les eaux d’Orezza méritent, au point de vue chimique, d’être placées en première ligne, elles ne le méritent pas moins sous le rapport hygiénique et médicinal. Ces eaux en effet, par leur action tonique sur l’estomac et sur l’ensemble de nos fonctions, conviennent à l’homme en santé et à l’homme malade.
» Elles sont particulièrement utiles dans la chlorose et dans l’aménorrhée , qui en est si souvent la conséquence; dans les hémorrhagies passives, l’anémie, les leucorrhées, les gastralgies et dans les diarrhées chroniques, pure atonie de la muqueuse. La rapidité avec laquelle elles sont absorbées, puis éliminées par les urines, les rend encore fort avantageuses contre la gravelle et certaines formes du catarrhe vésical. C’est du reste l’histoire de la plupart des eaux ferrugineuses;