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CHAPITRE DEUXIÈME

commune, et s’emparer du château de Cinarca avec son défenseur Barthélemy d’Istria, fils de Vincentello.

Ce succès assuré, il en voulut d’autres, et, à cet effet, il combattit à outrance les autres seigneurs, soumit toute l’île à sa puissance, et dès ce moment ses efforts tendirent à paralyser la puissance des caporaux, puis à les exterminer complètement. Une telle conduite indigna Paul de la Rocca et Rinuccio de Leca. Ils entrèrent aussitôt en campagne , poursuivirent leur ennemi commun , et leur premier succès fut d’obliger Janus à céder le terrain.

Vaincu et découragé, Janus s’en alla alors à Gênes pour réclamer des secours, et on le vit revenir peu de temps après pour reprendre sa revanche. Il livra de suite un combat à Paul de la Rocca, et l’obligea à abandonner le champ de bataille avec ses quatre raille fantassins et ses trois mille chevaux. Cette victoire ne lui profita pas beaucoup, car il ne tarda pas à être pris avec les membres de sa famille. Jetés dans une prison , ils purent pourtant recouvrer leur liberté ; mais comme Giudice d’Istria fut reconnu comte de Corse par tout le pays, tout espoir de ressaisir le gouvernement fut perdu pour eux.

La fortune de Giudice s’était bien présentée s’il avait su tirer parti de la lutte acharnée qui divisait les Montalto et Campo-Fregoso , le comte Paul de la Rocca et Rinuccio de Leca, les caporaux et les seigneurs de Mare ; mais il eut la faiblesse de devenir orgueilleux ; et s’étant par son caractère attiré beaucoup d’ennemis, François et Vincentello d’Istria se révoltèrent tout à coup contre lui, le blessèrent, et le condamnèrent à l’obscurité d’un cachot (1443).

Ce fut à la suite de ces événements que les Corses, fatigués des changements de pouvoir si funestes à l’avenir du pays, et ne voulant subir ni le joug de Gênes ni celui des barons ultramontains, donnèrent la souveraineté du pays au pape Eugène IV.

Monaldo Paradisi fut envoyé en Corse chargé de pleins pouvoirs à la tête d’une nombreuse armée pour faire respecter, et étendre l’autorité du pape. Il n’y resta pas longtemps, car il fut défait sous les murs de Calvi, et Jacques, évêque de Potenza, le remplaça après cet échec.

Des troubles sérieux agitaient sans cesse le peuple déjà fatigué et épuisé de tant de fluctuations. Pour y porter remède on convoqua une diète générale à Morosaglia , et on nomma Mariano da Gaggio lieutenant général du peuple '.

Celui-ci , homme plein de courage , s’empressa de déclarer immédiatement une guerre ouverte aux caporaux. Ils étaient en grande partie la cause de la perturbation de l’île. Il les vainquit, abolit leur titre, et déclara qu’à l’avenir ils n’auraient joui d’aucune prérogative dans le pays (1445).

Quelque temps après une armée de Grégoire Adorno, à laquelle s’étaient joints les caporaux , alla à la rencontre de l’armée nationale qui se trouvait du côté de Caccia, lui livra combat, et les troupes génoises, complètement battues, perdirent leur général, devenu prisonnier de guerre. Mais, tandis que Mariano voulait marcher sur Corte aussitôt après ce premier triomphe

1 ■ Postridie, alii nuntii advenerunt nuntiantes, principes factionum, s et nobites, et plebejos, duce Mariano Cajo arma sumpsisse, ad jus— • tunique exercitum ad Marusiglam convenisse, eosque clamasse: Morian- > tur nova vccligalia, eorumque inventores ; et vivat populus libertasque. > (Pétri Cyrnœi, De rebut Corsicit.)

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