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CHAPITRE DEUXIÈME

pour s’en emparer, le pape l’en empêcha et envoya en Corse Mariano de Norcia , officier d’expérience , avec ordre de faire prospérer les affaires de l’Eglise (1447).

Dès que le calme fut rétabli en deçà des monts, ce dernier attaqua les barons ultramontains , s’empara de Baracini, de Bozi et de l’Orese. Le seigneur de Cinarca, Raphaël de Leca, restaient seuls à vaincre; eux seuls n’avaient pas voulu reconnaître l’autorité du pape, quand la mort d’Eugène IV amena encore de nouveaux troubles en Corse. Norcia, voulant tirer parti de ces circonstances, lâcha de se rendre maître du pouvoir ; mais il eut le triste sort de se voir abandonné de ses partisans, et dut se retirer dans le fort de Brando, où étaient renfermés ses fidèles soldats.

Nicolas, successeur du pape Eugène, n’eut pas la même politique envers Ja Corse; il en céda le* gouvernement aux Campo-Fregoso.

Cette cession fut bien loin de plaire aux Corses. On vit Mariano de Gaggio se mettre à la tête du peuple pour aller combattre le nouveau gouverneur. Il lui livra un combat furieux au Golo; mais il fut vaincu par un babile capitaine nommé Giovannone.

En 1451, un nouveau prétendant vint compliquer les affaires. Antoine de la Rocca, seigneur d’au delà les monts, fit valoir ses droits auprès d’Alphonse d’Aragon, alors roi des Deux-Siciles. Des troupes, sous les ordres de Jacques Imbisora, débarquèrent en Corse, et bientôt Antoine de la Rocca rallia à lui les seigneurs ses alliés.

Tandis que les confédérés voulaient entrer en campagne, Imbisora, vice-roi de l’ile, mourut, et son neveu le remplaça ; mais trop faible pour attaquer , il resta sur la défensive.

A cette époque la Corse était divisée par quatre pouvoirs différents :

1° Les Génois commandaient Calvi et Bonifacio;

2° Les contrées d’au delà les monts étaient gouvernées par les seigneurs, dont quelques-unes jouissaient de leur indépendance, et d’autres se trouvaient sous la domination des rois d’Aragon ;

3° Les Campo - Fregoso régnaient sur la Terre de commune, et possédaient Bastia, Corte, Saint-Florent et Biguglia ;

4" Enfin les seigneurs de Cinarca et le vice -roi d’Aragon avaient sous leur autorité le Niolo et le Fiumorbo.

Comme il est facile de le voir , cet état de choses ne pouvait durer plus longtemps : une consulte générale, convoquée à Morosaglia, décida en conséquence qu’à l’avenir la Corse serait mise sous la protection d’une compagnie dite de Saint-Georges, fondée en 1346 par le patriotisme de vingt-neuf citoyens de Gênes. Celte compagnie était à peu près établie sur les mêmes bases que la fameuse compagnie anglaise des Indes orientales.

Nous raconterons maintenant ce qui s’est passé depuis l’établissement de cette compagnie jusqu’à l’occupation de la Corse par les troupes de Henri II, roi de France.

Le premier soin de la compagnie, dès qu’elle eut pris possession de l’île, fut de combattre énergiquement les Aragonais, qui pouvaient lui disputer le pouvoir; et ceux-ci, trop faibles pour opposer une sérieuse résistance, crurent à propos de laisser le champ libre.

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