CHAPITRE QUINZIÉME. 3îi
aux intéressés les plus légitimes espérances , et au public une confiance qui ne sera pas certainement déçue; mais ses ressources sont peu importantes, et les résultats ne peuvent être, pour cette raison, que d’une valeur médiocre.
Une autre société en commandite par actions s’est constituée au capital de 6,000,000 de francs par acte du 11 juillet 1855, sous la raison sociale: Paganelli, Casale et C*. Ce capital est divisé en soixante mille actions de 100 francs au porteur.
Déjà cette société a commencé ses travaux. Les résultats obtenus sont très-satisfaisants; de nombreuses commandes ont été faites , et désormais l’exploitation des richesses minérales de la Corse aura lieu sur la plus vaste échelle.
C’est encore à M. Paganelli qu’est dù l’honneur de cet important succès , qui en amènera d’autres infailliblement.
Voici d’ailleurs quelle est l’opinion exprimée par le jury international sur les marbres de la Corse 1 :
« Le groupe de Corse comprend les carrières et les usines de l’île de Corse. C’est seulement depuis quelques années que l’attention a été appelée sur les marbres de la Corse ; dès à présent on a cependant constaté l’existence de beaux marbres dont l’exploitation est facile. Médaille de lr' classe, M. Illiani (n°4298), à Bastia (Corse).
» Sur les deux rives du torrent la Restonica, et à 2 kilomètres seulement de la ville de Corte, M. Illiani a fait en 1844 la découverte de plusieurs gisements
* Ce rapport a été imprimé , mais il n’est pas clans le commerce , ce qui donne à ce document le caractère d’un document inédit.
de marbres. Ces marbres, qu’il a envoyés à l’exposition universelle, sont : le bleu turquin, des marbres gris et blancs (bardiglio, fiorito), à dessins très-variés, quelquefois à structure bichiforme.
» Il y avait aussi un cipolin blanc compacte à grain fin, traversé par des veines régulières et parallèles de inica verdâtre. Déjà le cipolin avait été exploité à Corte, et on le trouve également à Erbalunga et au cap Corse.
» Les carrières de bleu turquin sont situées dans la commune de Serraggio, à droite et à une faible distance de la route de Corte à Ajaccio. Elles sont surtout remarquables par la facilité de l’exploitation, par la qualité et par les grandes dimensions des blocs pouvant servir à faire des colonnes qui ont 5, 6, 7 et même jusqu’à 10 mètres de longueur.
» Le piédestal de la statue du général Paoli à Corte , qui provient de ces carrières, est un bloc unique cubant 5 mètres 50.
» Plus récemment, M. Illiani a trouvé à San-Gavino, sur la grand’route de Cortc à Ajaccio, un marbre trèsremarquable.
» Tous ces marbres s’exploitent facilement , et ils peuvent être livrés à Bastia au prix de 150 ou 200 francs le mètre cube brut.
» Dès 1 844 , M. Illiani se mit en mesure d’exploiter les richesses minérales qu’il avait découvertes, et il construisit une usine sur la ltcslonica.
» Les machines y sont mises en mouvement par une roue hydraulique de la force de quarante chevaux, et le sciage y est fait par huit châssis, dont chacun est garni de trente lames.
» Bien qu’elle ait une origine récente , cette usine