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CHAPITRE QUINZIEME

a déjà exécuté les trente-deux colonnes de 5 mètres 75 de hauteur qui décorent le nouveau palais de Bastia; elle a exécuté également douze colonnes pour une église de Livourne; ses produits peuvent donc se répandre dans la Toscane, qui est cependant un des pays les plus riches en marbres.

» En résumé , on doit à M. llliani la découverte de plusieurs gisements de marbre qui étaient inconnus en Corse et qui ne s’exploitent même pas en France; on lui doit également la création d’une usine dans laquelle ces marbres sont travaillés. Le bleu turquin , le cipolin , le marbre de San-Gavino produisent un trèsl»el effet, et peuvent servir à la décoration des palais et des monuments. »

Scieries. II existe dans le canton de Brando, outre la scierie dont nous venons de parler, trois établissements pour polir les marbres communs , dits de carrelage : ce sont ceux de Erbalunga, Marmorajo et Caslello.

L’exploitation des bois de la Corse , malgré les entraves qu’elle a rencontrées, a pris assez de développement pour qu’on substituât à la scierie à bras la scierie à eau ou à la vapeur. L’établissement de M. Cantaloup, à Vico, que nous avons visité, sert à dépecer les bois de la belle forêt de Libio. Les machines sont mises en mouvement par le Liamone; mais ce moteur est insuffisant en présence de l’extension que doit prendre cette exploitation; et il est à désirer que M. Cantaloup monte le plus tôt possible la machine à vapeur qu’il a fait venir d’Angleterre.

Tanneries. Il existe neuf tanneries à Bastia et une à Ajaccio. Celles de Bastia approvisionnent tout l’arrondissement et même celui de Cortc. Celle d’Ajaccio, ré*-

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ccmmcnl établie sous l’habile direction de M. Louault, promet d’acquérir un très-grand développement. On trouvé aussi dans les villages du canton de Piedicroce quelques petites tanneries, où les habitants préparent pour leur usage des peaux du pays.

Depuis la promulgation du décret du 17 mai 1853, les cuirs fabriqués en Corse sont assimilés à ceux du continent français, 'et les fabricants de ce département jouissent de l’avantage des primes accordées par l’Etat à l’exportation pour l’étranger.

Fabriques de tâtes. Pendant longtemps on lirait de Gènes toutes les pâtes dites d'Italie. Il s’en est créé plusieurs fabriques qui sont en voie de prospérité. On en compte quinze à Bastia, deux à Ajaccio, et une à Sartène ; cette dernière se soutient avec peine.

C’est encore sur le continent italien et en Afrique qu’on va chercher le blé nécessaire à celte fabrication, et qu’on nomme fjrano duro. Il est probable que celle sorte de blé réussirait en Corse. Les agriculteurs qui voudraient en faire l’essai auraient la perspective d’un débit immédiat , et affranchiraient le pays du tribut qu’il paye encore à l’étranger pour alimenter une industrie nouvellement introduite et susceptible d’extension.

Distilleries. Il y a à Ajaccio et à Bastia des distilleries établies dans de bonnes conditions, et qui exportent dès à présent une certaine quantité d’alcool d’asphodèle et de baies d’arbousier.

Filature de soie. « La filature de soie à la vapeur que M. Veibert avait établie à Bastia en 1845 était fermée depuis les événements de 1848, au grand regret des éducateurs de vers à soie, qui se voyaient forcés

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