‹ La Corse et son avenirChapitre 162 sur 256 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

ou de subir la loi de quelques marchands de l’île , ou d’envoyer leurs cocons sur le continent. En 1853, MXI. Dominici frères se sont rendus acquéreurs de cet utile établissement et en ont augmenté l’importance : M. Veibert n’avait jamais fait marcher que douze tours , on en compte vingt aujourd’hui. Les ouvrières de M. Veibert venaient toutes d’Italie; il y a dans ce moment douze fileuses du pays. La campagne actuelle a commencé le 1er mai, et depuis celte époque jusqu’à ce jour, la filature de Bastia a dévidé 4,500 kilogrammes de cocons , et a fourni 380 kilogrammes de soie, qui a rivalisé à Paris et à Lyon avec les produits des meilleures fabriques de France. »

Il existe aussi deux petits tours à fourneaux dans la commune de Luri , au cap Corse.

Chantier de construction. On vient de créer à Ajaccio un petit chantier de construction , dont le créateur, M. Bastiani, a obtenu de la Société centrale d’agriculture une médaille d’or.

M. Carlolti , sur la proposition duquel celte récompense a été volée, terminait son rapport en ces termes : u Vos commissions ont pensé que M. Bastiani , directeur du chantier de construction établi dans cette ville, méritait de votre part un témoignage de vive sympathie. En effet , le chantier, en activant la consommation , en fixant à Ajaccio des ouvriers étrangers , en utilisant les produits de nos forêts, pouvait contribuer à accélérer les progrès de l’agriculture et des industries qui ont avec cet art une relation intime. »

Savonnerie. Deux fabriques de savon existent à Bastia, mais elles se soutiennent avec peine, faute de capitaux. Une verrerie, qui avait été établie dans la même ville,

sc soulint pendant les dernières guerres de l’Empire. Elle envoyait une partie de ses produits dans la Sardaigne, dont les communications avec le continent étaient devenues difficiles; mais à la paix la verrerie tomba, et elle n’a pas été remplacée.

Manufactures. De tout temps on a fait en Corse une assez grande quantité de toiles grossières. Il n’y a presque pas de famille de l’intérieur de l’ile qui n’y travaille chaque année pour une partie de sa consommation. Ce sont des femmes qui font celte toile. Des tisserands du pays fabriquent également, dans plusieurs villages, du drap corse , panno corso ou pclotie. Le meilleur drap se fabrique à Pietra Corbara, Sisco, Corte, Niolo, Bocognano et Venaco.

Poteries, u La poterie ordinaire , la faïence , la terre d’Angleterre sont tirées du continent, dit M. Gueymard ; il est bien extraordinaire pour moi de n’avoir pas rencontré un seul atelier dans ce genre, et sûrement il ne faut pas l’attribuer au défaut des argiles ni au manque de combustibles. »

Mais Ajaccio possède depuis quelques années une fabrique de poterie créée par des Alsaciens. Ces fabricants méritent d’être encouragés ; déjà leurs produits sont favorablement accueillis par le commerce.

On fabrique dans plusieurs localités de la Corse des pipes en terre cuite.

Moulins a huile. Les huileries sont nombreuses, mais le système actuellement répandu est défectueux ou trèsimparfait. Cependant l’huilerie à vapeur de M. Calvi à Bastia a acquis un grand développement; c’est pourquoi elle mérite de notre part une mention honorable.

Moulins a blé. On compte en Corse 1 ,250 moulins à

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