‹ La Corse et son avenirChapitre 163 sur 256 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

blé. Le seul moteur, c’est l’eau des fleuves torrents. On rencontre par-ci par-là quelques moulins à vent.

Nos moulins, à cause de la grossièreté de leur mécanisme, donnent des farines d’une qualité inférieure, malgré la beauté du blé. Depuis 1852, il s’est formé près de Bastia deux établissements de minoterie à système anglais. Ce sont ceux de Marmoraya et Griggione. On remarque aussi aux environs de Calvi un moulin à farine à roues perfectionnées.

11 y a quelques années, on voulut créer à Ajaccio un moulin à vapeur. La société, faute de bonne administration ou de bons ouvriers, fît de mauvaises affaires, et cet établissement fut malheureusement obligé de suspendre ses travaux. La minoterie qu’a établie M. Versini dans les environs d’Ajaccio (à Meza Via) est en pleine prospérité, et les produits qu’on obtient peuvent rivaliser avec ceux du continent. On ne saurait jamais trop encourager l’honorable fondateur d’une entreprise qui sera éminemment riche en résultats heureux.

Exploitation du liège. L'ne circonstance particulière, dit le vice-président du comice de Sartène , dans son rapport à M. le préfet, vient de me révéler l’existence d’une autre branche d’industrie que je croyais depuis longtemps abandonnée, par suite de la destruction presque générale qui eut lieu dans notre arrondissement des chênes-lièges séculaires qui encombraient nos plaines et nos vallées. C’est l’exploitation du liège par une société dirigée par M. Delarbre, négociant de Paris, et représentée à Porto-Vecchio par M. Dufresne, agent spécial. Cette industrie serait passée inaperçue pour le comice sans la déclaration qui m’a été adres-

séc par ce dernier, en ma qualité de président du comité de Sartène pour l’Exposition universelle, à laquelle il compte présenter 20 kilogrammes de liège brut, râpé et non râpé, en planches de 1 mètre de longueur, 60 à 70 centimètres de largeur, et 25 à 30 centimètres d’épaisseur totale. Il paraît que ces exploitations en Corse, depuis deux ans, lui ont donné, en poids net, 2,200 quintaux métriques brut râpé, et qu’il espère, d’ici à peu d’années, doubler au moins celte quantité par les soins continuels que son directeur donne à cette culture.

Brasserie. Pendant longtemps les liquoristes et cafetiers de la Corse tiraient du continent la bière qu’ils débitaient. Depuis qu’on a établi des brasseries à Ajaccio et à Bastia, le commerce d’importation de cette boisson a beaucoup diminué.

Corderie. L’industrie de la corderie a fini par prendre pied en Corse. Déjà on n’a plus besoin de recourir à Marseille et à Livourne pour satisfaire les besoins du pays. 11 s’en fabrique à Ajaccio et à Bastia une trèsgrande quantité.

Confiserie. Cette industrie n’est pas restée en arrière ; au contraire, elle a fait de rapides progrès.

11 y a à Ajaccio et à Bastia un grand nombre de confiseurs. Les produits de la confiserie de MM. Bonnet frères (Ajaccio) peuvent facilement être comparés aux meilleurs produits de ce genre du continent français.

Fabrique d’allumettes. Pendant longtemps on a tiré du continent les allumettes chimiques. C’est depuis quelques années seulement que des fabriques se sont établies à Ajaccio et à Bastia. Les produits en sont satisfaisants.

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Fabrique de bougies et de cierges. Il on existe sur plusieurs points de la Corse, ainsi que des fabriques de cire jaune et blanche.

Manufactures de tabacs. Les contributions indirectes n’étant pas prélevées en Corse , la fabrication du tabac , monopolisée sur le continent, occupe un assez grand nombre d’ouvrières, tant à Ajaccio qu’à Bastia. Les produits les plus remarquables sont ceux des fabriques Zevaco à Ajaccio et de MM. Damei frères à Bastia.

Bijouterie. Cette industrie a fait des progrès, principalement à Bastia, où des bijoutiers intelligents montent le corail, en font des bracelets, des broches, des pendants d’oreilles et au très' objets.

Bonneterie. On fabrique à Ajaccio, depuis quelques années seulement, des chaussettes et des bonnets à la mécanique.

Ébémsterie. L’ébénisterie a pris de l’accroissement dans plusieurs villes de File, principalement à Bastia et à Ajaccio. Désormais on n’est plus obligé de recourir aux fabricants du continent pour avoir des meubles de tout genre.

Carrosserie. Il y a quelques années on avait de la difficulté à se procurer une charrette ; à peine comptait-on quelques charrons à Ajaccio et à Bastia. Aujourd’hui il y a progrès. On trouve des charrons partout, et de plus ces deux villes possèdent des carrossiers intelligents et habiles.

Briqueteries. On fabrique des briques et des tuiles dans plusieurs localités , car il y a de la terre qui est de très-bonne qualité pour cette fabrication.

Charbonnage. On fait du charbon sur plusieurs points de la Corse. Plusieurs spéculateurs ont donné à celte

industrie le pins grand développement. Les bénéfices qu’ils réalisent sont importants. Enhardis par le succès, ils étendent leurs opérations sur une large échelle; bientôt cette industrie alimentera avantageusement le commerce de nie.

Fabrique de goudron. Les habitants d’Asco extraient de la résine du goudron qu’ils vont vendre dans tous les villages de la Corse.

Les habitants du canton de Piedicroce (ancien canton d’Orezza) se distinguent par leur activité industrielle. Les paysans, dont l’unique travail agricole est la récolte des châtaignes , occupent leurs loisirs à fabriquer des selles, des cuillers, des fourchettes, des chaises de bois, des faucilles, des couteaux, des souliers, des pipes, etc.

Ils sont à la fois marchands et producteurs, et se répandent dans toutes les parties de l’île pour y vendre non-seulement leurs objets manufacturés, mais encore le fer des forges voisines.

Salines. 11 existe à Porto-Vecchio des salines qui prospérèrent sous l’Empire. On y faisait, dit-on, jusqu’à 10, (XK) quintaux métriques de sel. L’importation de cette matière en Corse était alors défendue. Depuis, nous dit Robiquet, la contrebande, la concurrence des sels du continent et les droits de douane ont à peine permis à cet établissement de se soutenir.

Aujourd’hui la quantité de sel provenant de ces salines peut être évaluée, année moyenne, à trois mille et quelques quintaux métriques.

Pêcheries. Des gondoles de Bastia, d’Ajaccio, de Calvi, de Bonifacio et du cap Corse font la pèche des anchois et de la sardine dans différents golfes de File. Cette

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