CHAPITRE QUINZIÈME
pêche commence au mois de février et finit vers la fin d’août.
Robiquet nous fait savoir qu’en 1833 le produit de la pêche de deux gondoles d’Ajaccio a été de cent barils d’anchois et de quinze barils de sardines. Chaque baril pèse 7 rubes ou 57 kilogrammes. Le prix moyen du rube est de 10 francs. Le produit brut en argent, pour les deux gondoles , peut donc être évalué à 8,000 francs.
Les pêcheurs des étangs de Bigulia, d’Urbino, de Diana et del Sale rapportent annuellement une somme de 30,000 francs au moins *.
La pêche du corail est très-avantageuse en Corse ; les côtes occidentales et méridionales en sont surtout trèsriches. Il est vrai que les coraux sont plus abondants sur les côtes d’Afrique, mais il est'avéré que ceux des côtes de la Corse sont d’une qualité supérieure. Malheureusement les pêcheurs insulaires ne savent pas tirer parti de ces richesses. Ce sont des bateaux étrangers qui se livrent tous les ans à cette pêche. En 1826
1 < Inliac insula, cursus amnium, non torrentes rapidi , ul noceant , » sed lenes, affalim piscosi. Sud qui nutriuntur in slagnis, ubi piscalio
> milita est, et condituræ apta, haie faciunt. Simul ac incessit eis libido » gignendi , gregatim in marc enatant , ducibus masculis genituram spar-
> gentibus, quam feminœ consectantes recurvando sc ex ca concipiunt. i — Eœdem ubi pncgnanles in mari sont eflcctæ , ornnes rursus ad sibi
> consueta, non amplius eorumdem ductu , sed feminarum. Hos ubi
> collegcrunt, alii conlusum ad ignem, aiii in sartaginc coquunt, eosque » myrto involutos, Florentiam, Scnas, Pisas, Gcnuam, eliam media » «State comportant ; salsos vero , et ad eas, et Romain et ad nonnullas < alias Italiœ civitates ; sont enim oplimi pisces quod Juvenalis, in satira
> qninta, illo versu testatur, dicens :
■ Mullus erit domino qoem misait Corsica. ■
» Qui vero pisces Erbino aluuntur stagno , saporc longe omnibus præ- • stant. » (Cynurus.)
quatre-vingt-sept bateaux génois, toscans et napolitains pêchèrent sur les côtes de la Corse 11,801 kilogrammes de corail, évalués à 664,645 francs, ce qui donne par bateau un bénéfice de 7,640 francs.
Préparation et conservation des substances alimentaires.
Parmi les produits de l’industrie qu’on peut appeler gastronomiques, nous signalerons les terrines de merles corses, inventées et préparées avec succès par M. Guidon, charcutier à Ajaccio. La quantité de ces oiseaux est considérable, et on les exporte par centaines de mille à Marseille. Grâce à la nouvelle préparation que leur a fait subir M. Guidon , ils peuvent voyager au loin, et bientôt peut-être ils figureront sur les tables les plus aristocratiques à côté des pâtés de Strasbourg, d’Amiens, de Chartres ou de Pithiviers.
Tous les bergers fabriquent des fromages, entre lesquels une mention spéciale est due à ceux de Coscione, de Venaco, de Bastelica et de Guagno.
Le broccio, fromage blanc qui se mange frais, a un parfum sut qeneris qui tient à la qualité des plantes odoriférantes répandues en abondance dans tous les pâturages de la Corse.
Il nous semble que l’éducation bien comprise de la race ovine ouvrirait dans la suite une branche de commerce, ce serait celle du fromage. En examinant la quantité prodigieuse de fromages étrangers dont la France est obligée de se pourvoir toutes les années, on est certainement jaloux de voir arriver une époque où les Français réaliseront les mêmes bénéfices que les Suisses, les Hollandais et les Sardes dans leurs relations