CHAPITRE QUINZIÈME
» Le prix de 380 francs est celui des exploitations actuelles, qui dans leur isolement sont obligées de se soumettre à des exigences ou à des nécessités auxquelles échappera une compagnie qui aura organisé avec intelligence et économie toutes les parties de son service. On peut donc affirmer que ce prix de revient sera réduit considérablement, lorsque les chargements de marbres pour les ports des côtes de l’Océan et des mers du Nord, pour l’Angleterre et l’Amérique, seront expédiés directement des ports de la Corse à leur destination , sans faire l’escale de Marseille qui renchérit le mètre cube de 65 francs au moins.
» Le transport dans l’intérieur de la France par les chemins de fer, les rivières et les canaux , se fait aujourd’hui à des prix modérés et qui tendent à diminuer.
» Ces facilités de transport, qui deviennent chaque jour plus grandes, auront pour résultat de généraliser l’emploi du marbre.
» Des bénéfices plus considérables que ceux résultant de la vente des marbres en blocs seront réalisés sur les marbres débités en tranches ou mis en œuvre dans des usines cl ateliers établis à proximité des principaux centres d’exploitation.
« Les marbres riches de la Corse qui, en supposant les conditions les plus désavantageuses, reviendront à 380 francs le mètre cube, rendus à Paris, en blocs , pourront y être vendus de 700 à 000 francs aux marbriers ou entrepreneurs. »
Tels sont les avantages que présente l’exploitation des carrières de la Corse. Il est donc à supposer que beaucoup de capitalistes du continent concourront à
celle entreprise pour lui donner une impulsion de plus
en plus grande.
Chantier de construction. Dans sa session de 1856,1e conseil général s’associant au désir exprimé par le conseil d’arrondissement, a émis un vœu pour l'établissement dans le golfe d’Ajaccio d’un arsenal maritime industriel. L’accès facile de ce golfe, la sûreté de ses mouillages, son admirable position au sein de la Méditerranée, le voisinage de riches forêts, sont autant de conditions favorables pour la réalisation de ce projet, qui se recommande d’ailleurs à la sollicitude du gouvernement par des considérations d’un ordre plus élevé.
Un sait en effet que la marine marchande française est dans un état de décadence.
L’industrie s’est développée, la guerre et des récoltes insuffisantes ont rendu nécessaire l’emploi d’un grand nombre de bâtiments, et le gouvernement s’est vu dans la nécessité de noliser des navires etrangers, et de répandre au dehors des capitaux qui auraient pu être répartis dans nos ports.
Cependant des chantiers se sont établis sur divers points du littoral de l’Océan et de la Méditerranée. Une société, constituée au capital de 10 millions, construit maintenant des navires à Cette, et elle y a prospéré! A plus forte raison, quelles magnifiques chances d’avenir aurait l’établissement à Ajaccio d’un chantier de construction industriel, soit pour les bâtiments à voiles, soit pour les bateaux à vapeur !
Quelles sont les matières premières propres à ces sortes de constructions?
Du fer en très-grande quantité pour les coques et les machines ;