CHAPITRE QUINZIÈME
Du bois de sapin pour les ponts et les parois des bastingages;
l)u bois de chêne pour les barreaux , les montants et les lisses de bastingages, et les ceintures intérieures et extérieures;
Du bois de sapin pour les mâtures ;
Du chanvre pour les cordages et les toiles à voiles ;
Du brai et du goudron pour le calfatage et les cordages ;
Enfin du cuivre, des matières grasses pour les machines. Ajoutons, pour compléter celte énumération, la nécessité de créer un centre de population assez étendu pour parer à tous les besoins, à toutes les exigences de cette vaste industrie.
Eh bien, ces matières premières se trouvent en Corse sur place, et à bon marché.
Le minerai de l’ile d’Elbe alimente déjà , comme nous l’avons vu, des usines qui sont en progrès.
A proximité du port d’Ajaccio sont des forêts de chêne vert et de pin lariccio qui a la propriété de se conserver inaltérable dans l’eau.
Le goudron et le brai abondent, et constituent même l’industrie spéciale de plusieurs villages de l’intérieur.
Nous avons également vu qu’il y avait des mines à base de cuivre dans l’arrondissement de Corte.
La plaine de Campodibro (champ do l’or), dont on connaît la fécondité, fournit du chanvre et pourrait en fournir eucore davantage.
Quant à la main-d’œuvre, jusqu’à ce qu’on eût façonné des ouvriers indigènes, il serait facile d’appeler d’Italie des travailleurs exercés dont le salaire ne serait pas plus élevé que sur le continent, et qui trou-
veraient à Ajaccio une existence aussi facile qu’a
Avec ces cléments de production on arriverait à construire de beaux navires et des bateaux à vapeur dont le prix de revient serait très-inférieur à celui des bâtiments qu’on lance à Celle et dans les ports de la Manche.
C’est ce qu’a démontré avec talent M. Roux, lieutenant de vaisseau, dans son ouvrage intitulé Opportunité et avantages de créer à Ajaccio un arsenal maritime industriel.
Après avoir établi que la France ne figure qu’au troisième rang sous le rapport de l’effectif de la marine marchande, et que le nombre des chantiers est par conséquent insuffisant , M. Roux termine son préambule en ces termes :
« lin ce moment l’on travaille à agrandir deux chantiers de construction : celui de la Sej/ne près de Toulon , appartenant à la compagnie des messageries impériales, et celui de Cette, qu’une compagnie nouvellement formée au capital nominal de 10 millions a acheté à l’ancienne compagnie Reynaud.
» Certes, ce n’est point en critiquant ces chantiers que nous ferons mieux valoir celui que nous nous proposons de créer; nous nous contenterons seulement de poser cette simple question : quelles sont les matières propres aux constructions maritimes que ces deux chantiers pourront se procurer dans un rayon de trente lieues?
» Nous n’hésitons pas à répondre : aucune; tout' donc devra y être importé.
s Nous croyons pour notre part, et nous espérons le