CHAPITRE QUINZIÈME
prouver bientôt, que l’on peut trouver sur le sol français un endroit plus convenable, plus heureusement situé pour ces sortes de constructions. »
L’endroit désigné est Ajaccio, où M. Roux propose d’établir, comme annexe d’un chantier de construction, une fonderie, des laminoirs, un atelier de machines et d’ajustage, un atelier de chaudières et zincagc, de grandes et petites forges, des ateliers pour la menuiserie, la voileric; une corderie, une filature de toile à voile, etc.
Il établit par des chiffres qu’à Ajaccio les constructions navales ne coûteraient pas plus cher qu’en Angleterre et aux États-Unis.
Nous n’avons pas besoin d’insister sur les avantages qui résulteraient de l’exécution de ces projets, tant pour la compagnie qui les entreprendrait, que pour la marine marchande en général.
On se plaint avec raison que la population de la Corse n’est pas en proportion de l’étendue de son territoire. L’établissement d’un arsenal maritime industriel serait un moyen d’attirer de nouveaux habitants dans la capitale de l’Ile. Cette ville serait plus fréquentée et mieux connue; les continentaux s’habitueraient à y venir assidûment. Ils reconnaîtraient qu’elle l’emporte par la douceur du climat, par le bon marché des subsistances , par les agréments de la vie, sur bien des villes où l’on a coutume d’aller chercher pendant une partie de l’année des distractions ou les bienfaits d’une douce température.
La création d’un chantier de construction ne serait pas seulement utile à Ajaccio; elle offrirait des débouchés constants à des produits abondants, à des arbres
qui souvent aujourd’hui tombent de vétusté, sans avoir été touchés par la hache du bûcheron.
Enfin elle occuperait un grand nombre de bras et contribuerait à initier les populations de l’intérieur au bien-être et aux lumières de la civilisation.
Tanneries. Quoiqu’il existe des tanneries à Bastia et à Ajaccio, ainsi que nous l’avons dit, on expédie encore sur le continent de grosses peaux qui reviennent en Corse transformées en cuir avec des frais de toute nature.
Les peaux d’agneaux et de chevreaux , vendues quelquefois à vil prix , alimentent les fabriques de diverses villes. Il serait à désirer qu’on profitât plus largement des avantages naturels du pays : abondance de matières premières, écorce de tau, eaux limpides cl courantes.
Une compagnie qui établirait une tannerie en grand concentrerait des bénéfices qui sont actuellement répartis entre une foule d’industries du continent.
A la tannerie viendrait naturellement s’adjoindre la ganterie. Quoique possédant les matières premières , la Corse a recours à Marseille, à Grenoble, à Montpellier, à Paris, qui lui renvoient des gants pour lesquels elle a fourni les peaux. Cette industrie , dont l’apprentissage est facile, occuperait avantageusement les ouvriers indigènes.
Les papeteries n’y offriraient pas moins d’avantage, grâce aux nombreux cours d’eau qui descendent des montagnes et à la facilité des approvisionnements en chilfons , sur tout le littoral de la Méditerranée.
Distilleries. Les distilleries établies et que nous avons énumérées traitent spécialement l’asphodèle et