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CHAPITRE DEUXIEME

en étaient les chefs, et avaient pour but de la chasser de l'ile, de rétablir les seigneurs dans leurs fiefs, et de proclamer Thomas Campo-Fregoso, neveu du doge, comte de Corse.

La lutte s’engagea. Thomas Campo-Fregoso se présenta devant les troupes de la compagnie, avec d’immenses préparatifs, les battit complètement; et c’est ainsi qu’il s’empara de presque tout l’intérieur du pays (14G2).

Reconnu comte par tous les habitants, Thomas gouverna le pays pendant deux ans , et lui fit goûter le bonheur de la tranquillité ; mais un changement dans le gouvernement de l’ile s’opéra bientôt (1464) par suite de la révolution qui éclata à Gênes à cette époque.

La Corse, enlevée au pouvoir de Thomas Campo- Fregoso, passa sous la domination du duc de Milan; et pendant deux ans sa souveraineté fut partout respectée ; mais Jean-Antoine Cotta, commandant en Corse pour le duc , dut tout à coup prendre des mesures en conséquence pour se défendre contre les seigneurs décidés à combattre l’autorité du nouveau duc, Galéas- Marie Sforza.

Les habitants de la Terre de commune , redoutant la guerre, se réunirent alors en consulte générale, et choisirent pour lieutenant général du peuple Sambuccuccio d’Alando, descendant de cette célèbre famille que nous avons vue figurer au commencement du onzième siècle. Celui-ci eut soin de condamner le général milanais à l’impuissance; le duc Galéas-Marie dut révoquer Cotta, et nommer à sa place J. B. d’Amélia. Le premier acte politique de ce nouveau gouverneur fut de procédera une levée d’impôts. Sambuccuccio s’y

opposa, se mit à la tète d’une armée , vainquit le viceduc, et l’obligea à se retirer avec ses troupes dans les villes fortifiées.

Giudicello de Gaggio, fils de Mariano, qui a joué, comme nous avons vu, un rôle très-important au temps d’Alphonse d’Aragon, remplaça Sambuccuccio , et, malgré sa valeur et son courage, il ne put parvenir à maintenir la tranquillité du pays miné par la guerre civile. Vinciguerra , Colombano , Charles de la Rocca et Charles de Costa, tour à tour proclamés lieutenants généraux du peuple dans les consultes qui se tinrent de 1472 à 1476, ne purent, malgré leurs efforts et leur talent militaire, aboutir à un meilleur résultat. Mais tandis que tant d’éléments de discorde et de mésintelligence agitaient toute l’ile , le duc de Milan mourut, et on vit, alors, Thomas Campo-Fregoso, dépossédé peu avant, faire une descente en Corse à la tète d’une belle armée.

Le gouverneur milanais marcha contre lui, le combattit courageusement, et l’envoya prisonnier à Milan. Le captif se voua aussitôt à l’intrigue , finit par se faire céder la Corse par la régente Bonne de Savoie , mère dn duc, et occupa les places qu’occupait le gouvernement milanais à cette époque (1480).

Un an après, Thomas Campo-Fregoso devint despote, et fut obligé de remettre le pouvoir à son fils Janus ; il suivit lui-même les traces de son père, et dut à son tour se démettre du pouvoir en faveur de Marcelin de Farinole (1483). Ce général continua l’œuvre de Campo- Fregoso; mais il devint si antipathique au peuple, qu’un soulèvement contre son autorité eut lieu. Ce mouvement fut soutenu par Rinuccio de Leca.

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