‹ La Corse et son avenirChapitre 198 sur 256 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

» Le conseil prie l’administration supérieure de vou- » loir bien faire étudier la question du crédit foncier » au point de vue particulier de l’état de ce départe- » ment. On est fondé à croire que toute prévention n fâcheuse s’effacerait devant l’intervention efficace du » gouvernement, ou même peut-être devant la double » solidarité qui pourrait être assumée par le départe - » ment et par les communes. »

Ce vœu est formel, et explique assez combien il serait utile que cette institution fonctionnât en Corse , où la richesse naturelle est immense et où l’agent de la circulation est si rare qu’il se prête à des taux exorbitants.

Voilà plus d’un an que ce vœu , expression fidèle des besoins du pays, a été émis, et cependant la Corse est encore réduite à vivre d’espoir, et rien que d’espoir. Il faut pourtant de la réalité, car le temps presse; mnis pour y aboutir il faut quelque chose de plus qu’un vœu, il faut, nous le répétons, qu’une puissance suprême intervienne directement, et fasse valoir son désir, ainsi que les circonstances qui militent en faveur de cette création. Alors, mais alors seulement, toute prévention fâcheuse s’effacera devant l’intervention efficace de la volonté souveraine; alors la Corse obtiendra ce qu’elle sollicite.

Banque agricole.

«Le conseil général de la Corse s’associe, comme » l’année dernière, an vœu exprimé par le conseil « d’arrondissement d’Ajaccio pour la création en Corse » du crédit agricole. Le conseil général a déjà eu lieu

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» de faire observer que la Corse s’est trouvée déshé- » ritée jusqu’ici de deux éléments indispensables pour » l’exploitation utile de sa vaste étendue territoriale : » les bras et les capitaux. Entre ces deux principes de » prospérité il existe une telle corrélation , que la con- » quête de l’un serait aussitôt suivie de l’apparition de » l’autre. Aussi, si l’application à la Corse du système » de colonisation employé pour l’Algérie paraissait » offrir des difficultés, le gouvernement au moins » possède-t-il incontestablement la possibilité d’établir » dans ce département un centre de crédit en faveur » de l’industrie agricole comme il en existe à peu près » dans toutes les autres parties de la France?

» En suivant en Corse un système de sacrifices par- » tiels, l’Etat n’en recueillera les bénéfices que dans » un avenir très-éloigné. Par contre, une grande cam- » pagne entreprise résolument en faveur de notre indus- » trie, une mesure capitale adoptée une bonne fois, » feraient passer immédiatement cette île, par rapport » à ses conditions envers le trésor public , de la classe » des départements onéreux à celle des départements » productifs. Le conseil prie donc le gouvernement de » fonder directement en Corse une institution de cré- » dit agricole , ou d’en favoriser l’établissement par » tous les moyens qui sont en son pouvoir (Session n de 1856). »

Les banques suppléent à l’insuffisance de la monnaie métallique, ou plutôt la remplacent avec avantage, et font passer les capitaux, c’est-à-dire les moyens de travail , des mains de celui qui les possède sans fruit aux mains du travailleur qui peut le mieux les utiliser par son industrie. Ces diverses fonctions des banques

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