CHAPITRE DIX- SEPTIÈME
les font naturellement distinguer en deux classes : les banques dites de circulation , émettant des billets au porteur, espèce de papier-monnaie, et les banques d’escompte.
Les services que rendent à la société industrielle les banques sont d’une importance vitale : elles impriment à tous les produits le plus grand mouvement; elles seules peuvent fournir avec assez d’étendue et de rapidité les moyens d’échange et de crédit qui mettent toute espèce de produits à la portée ou du consommateur qui doit en jouir, ou du producteur qui peut leur donner une nouvelle valeur par le travail.
De ce qui précède il résulte que la création en Corse d’une banque produirait partout un effet profondément salutaire, et répandrait la vie et le mouvement là où il n’y a que solitude et stérilité.
Lors de la longue lutte de Pitt avec Napoléon, ce ministre, étant obligé de contracter de nombreux emprunts, porta remède à sa situation critique en encourageant la créatiou d’une multitude de banques sur tous les points du royaume. En moins d’un an , il y en eut cinq cents en pleine activité. C’est de cette époque que date la grande prospérité de l’Angleterre.
Rien ne s’improvise; en toutes choses l’homme n’arrive à la perfection relative qu’il lui est donné d’atteindre qu’après de longs tâtonnements et des expériences plus ou moins coûteuses.
Une banque agricole pourrait donc , d’après ce principe , opérer en Corse d’abord sur une petite échelle , puis étendre peu à peu ses opérations et devenir ainsi une forte institution financière , pouvant réaliser les plus beaux bénéfices et rendre les services les plus
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signalés à la cause de l'agriculture, de l’industrie et du coimnerce.
M. Conti, receveur général de la Corse, vient de créer un projet de banque agricole ; il l’a soumis à l’appréciation du pays par la voie des journaux. Ceux qui ont suivi les considérations développées dans le Journal de la Corse (numéro du 26 août), en ce qui concerne le mécanisme de cette institution , s’associeront aux vœux que nous formons pour la prompte réussite de la demande de M. Conti.
Nous sommes tellement convaincu de l’importance de celte banque, que nous sommes heureux de donner une place dans notre ouvrage au projet eu question. Nous l’insérons volontiers, parce qu’il est complètement dans nos vues, parce qu’il nous est impossible de mieux concevoir, parce que enfin nous avons l’espoir de le faire apprécier par les capitalistes du continent.
u Depuis que la Corse est réunie à la France, dit-il, on a persisté dans cette grave erreur qu’il suffisait de multiplier les voies de communication pour y stimuler le travail et les échanges. Des sommes ont été employées, sous divers gouvernements, à ouvrir des routes, sans que des résultats sérieux soient venus témoigner de leur utilité actuelle. C’est qu’en effet ce sont moins les routes et les chemins que le crédit et le numéraire qui sont les agents les plus actifs de la circulation des produits. Or, la Corse ne possède ni capitaux ni établissements de crédit, et la mer, qui la circonscrit, rend inabordables pour elle les banques du continent. Ainsi que nous l’avons démontré ailleurs, les subsides qu’elle reçoit de la mère patrie s’écoulent avec une telle rapidité vers le continent français et vers