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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

la Sposata, la Figarella et le Secco. D’immenses forêts couronnent les collines , dont les flancs contiennent des granits dé la plus grande beauté. Les côtes sont dentelées de porls qu’il serait facile de rendre praticables. La route de ceinture qui relie Saint- Florent , l’Ilc- Rousse, Calvi et Ajaccio sera prochainement achevée. Comment ne pas profiter de tant d’avantages réunis?

On nous fera sans doute une objection, c’est que les terres n’appartiennent pas au domaine public. Le gouvernement possédait le vaste domaine de Galeria , qu’il a vendu à vil prix. Un de nos parenls, dont nous pourrions citer le nom , a acheté en 1845 un lot de quatre à cinq cents hectares, moyennant la somme de dix mille francs. Ceci donne la mesure de la faute commise par le gouvernement.

S’il avait fait des concessions à divers particuliers du continent, qui se seraient engagés à lui payer une redevance annuelle, il aurait mis en valeur ces terres qui sont encore incultes, donné l’exemple aux agriculteurs de l’arrondissement, et il se serait assuré un revenu important, en même temps qu’il aurait contribué à peupler et à civiliser ce désert.

La faute est consommée ; que faut-il faire pour la réparer?

S’entendre avec les propriétaires et les communes qui ne tirent aucun parti de leurs terres; ils les abandonneraient à des conditions avantageuses pour l'Etat. Celui-ci pourrait les concéder à son tour aux familles qui consentiraient à s’établir dans ces parages. Ces familles seraient nécessairement nombreuses, car combien d’émigranls vont chercher aux Etats-Unis, en Australie, des terres à meltre en culture? Us préfé're-

il 2 LA CORSE ET SOX AVENIR,

raient infailliblement un pays où l’on parle la même langue, où l’on professe la même religion, où l’on s’abrite sous les plis du même drapeau. Ils ne seraient pas expatriés pour toujours, car si l’envie leur prenait de revoir les lieux qui les ont vus naître, en quelques heures ou en quelques jours iis auraient le bonheur de revenir au berceau de leurs ancêtres.

Mais comment attirer les émigrants sur la cote occidentale ?

Conseiller des demi-mesures, proposer des concessions, dont le prix toujours modique serait remboursable par annuités; mais comme la somme à dépenser est de peu d’importance relativement à la grandeur de la France, nous préférons demander un système large et généreux.

Il y a des familles non-seulement dans l’ordre militaire, mais encore dans l’ordre civil, dont les services ont mérité une récompense, sur le choix de laquelle l’Ktat est souvent embarrassé. Qu’on donne à ces familles une concession gratuite, avec la somme d’argent nécessaire à la première exploitation , soit vingt hectares et cinq cents francs à chaque famille. Plusieurs villages et établissements ruraux , créés par le gouvernement, seraient les chefs-lieux de ces colonies, qui seraient sous la direction d’un administrateur général. Le choix de cet administrateur serait une chose importante, car on comprend que l’intelligence, l’activité, le savoir, l’expérience lui seraient indispensables. De lui dépendrait l’avenir de la colonie ; mais s’il la dirigeait avec habileté , le succès serait infaillible.

Que coûterait à l’État l’exécution du projet que nous formulons ?

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