CHAPITRE DIX-HUITIEME
d’arrondissement. La première de ces villes se trouve au centre d’une province qui produit abondamment les céréales, les huiles, les vins, les châtaignes, etc. Elle est située près des bains de Guagno et à proximité des magnifiques forêts d’Aïtone et de Libio, dont l’exploitation, déjà commencée, est appelée à un grand développement. Cette ville est le centre d’un mouvement considérable, le commerce y a augmenté; le nombre des commerçants y est comparativement plus grand que dans toute autre ville continentale de même étendue. Les relations avec l’administration civile ou judiciaire se sont donc conséquemment accrues , et suffisent pour justifier qu’il y a urgence de faire de Vico un chef-lieu de sous-préfecture.
Quant à Cervione, celte ville est située dans une vallée productive dont la population , essentiellement agricole, produit des blés et des vins, non-seulement pour sa consommation, mais encore pour l’exportation. L’agriculture tend à prendre une extension de plus en plus importanle. Le commerce y prospère, tout démontre enfin que les observations que nous avons faites sur Vico sont également applicables à Cervione.
La mesure que nous demandons est simple et motivée par les lois générales adoptées en France pour les subdivisions départementales. Ainsi : le Calvados compte G arrondissements et 37 cantons; la Charente- Inférieure, 6 arrondissements cl 40 cantons ; la Gironde, G arrondissements et 48 cantons ; l’Ille-et-Vilaine, 6 arrondissements et 43 cantons ; la Manche, 6 arrondissements et 48 cantons ; le Noéd, 7 arrondissements et GO cantons ; le Pas-de-Calais , G arrondissements et 43 canton s»
LA COKSE ET SOY A\ EYTIl.
La Corse, avec son immense lerriloire, peut donc aisémenl cire divisée, elle aussi, en 7 arrondissements.
Quels sont les moyens pratiques d’opérer cette division ? Nous ne croyons pas utile d’entrer dans les détails ; mais nous nous basons sur un principe élémentaire, pour ainsi dire, qui consisterait à diminuer les plus grands arrondissements au profit de ceux qui sont en étal de projet. Nous ne recherchons pas seulement les avantages matériels. Nous n’avous pas seulement pour but de faciliter l’administration et l’exécution des lois, nous songeons encore aux avantages moraux qui résulteraient de la combinaison proposée. La création de deux administrations nouvelles et de deux tribunaux de première instance amènerait en Corse un surcroît d’hommes éclairés, intelligents, initiés à tous les progrès (>l capables de leur donner une forte impulsion. Les intérêts locaux seraient moins négligés que par le passé. Les encouragements donnés sur place seraient plus utiles en stimulant le zèle des maires et des conseils municipaux, qui, dans l’étal actuel, n’ont pas avec les chefs-lieux de communications assez directes et assez fréquentes. Les villes s’embelliraient; les employés venus du continent adouciraient la rudesse des mœurs indigènes, et contribueraient à porter les idées d’un peuple jeune encore vers les bienfaits de la civilisation la plus avancée.