CHAPITRE VINGTIÈME
circulation est déjà établie, et terminer des travaux en cours d’exécution; de manière qu’il ne resterait qu’une somme de 150,000 francs pouvant être employée à des ouvertures nouvelles et pour ramener à l’état complet d’entretien les portions de chemins simplement ouverts.
» Parmi les autres ressources départementales, il ne reste guère que la prestation en nature et une portion de celle rachetée en argent, qui puissent être affectées à la construction de nouveaux chemins.
» En effet, il est indispensable d’entretenir les nombreuses voies de communication ouvertes pendant les trois dernières années , et votre commission a pensé , avec M. le préfet, qu’il était nécessaire d’y consacrer les contingents communaux et une bonne partie de la prestation rachetée en argent.
» D’un autre côté, il est prouve que le produit des cinq centimes spéciaux suffit à peine pour le traitement des agents voyers, et qu’il faut même imputer sur une portion du reliquat de l’emprunt, une partie de cette dépense.
» Nous ne pouvons pas nous dissimuler, Messieurs, que le produit de la prestation en nature représentant une valeur annuelle de plus de 154,000 francs, quoique mieux utilisée après la généralisation du système des tâches, est bien loin de représenter en travaux sa valeur réelle.
» Ainsi, en admettant, ce qui est douteux, que celle imposition représente pour les chemins restant à ouvrir une valeur de 60,000 francs par an, et que nous nous résignions à n’achever nos chemins que dans un délai de six ans, cette ressource ne pourrait entrer dans nos prévisions que pour une valeur de 360,000 francs, ce
qui ne nous donnerait encore que 510,000 francs. 11 est donc indispensable de créer de nouvelles ressources , si nous ne voulons pas arrêter tout progrès.
» Votre commission a pensé que des ressources pourraient être créées, ainsi que l’a proposé M. le préfet, sans augmenter les charges du département. Celui-ci est imposé, vous le savez, jusqu’à la fin de 1857 d’une contribution extraordinaire de 15 centimes d’une part, dont le produit des trois dernières années, converti en un premier emprunt, a été employé à l’achèvement des chemins vicinaux, et de 5 centimes de l’autre pour concourir à la construction du palais de justice de Ilastia. A partir du 1" janvier 1858 la première imposition est réduite à 13 centimes et la seconde cesserait entièrement. Ce dégrèvement ne serait d’aucun avantage réel pour le pays, habitué déjà à celle charge. Elle lui paraîtra d’année en année moins lourde, parce que les produits agricoles augmentent chaque année, comme il a été dit, et la diminution des frais de traction élève aussi leur valeur. Le produit annuel de ces deux impositions serait de 28,000 francs, dont 16,000 seraient annuellement affectés à l’amortissement de l’emprunt de 500,000 francs, et 12,000 seraient employés à l’ouverture de nouveaux chemins.
» Nous aurions donc à ajouter une somme de 72,000 francs à celle de 510,000, ce qui porterait le total des ressources prévues à 582, 000 francs.
» Votre commission vous propose de solliciter avec les plus vives instances et au nom des intérêts les plus chers du pays la prorogation pendant douze ans de l’imposition de 5 centimes additionnels au principal des quatre contributions directes établie par la loi