‹ La Corse et son avenirChapitre 232 sur 256 · CHAPITRE VIN'ÜTIKMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIN'ÜTIKMK

moins empressé que sont disposées à donner les communes ou les particuliers intéressés :

» Il est cependant prouvé par votre commission , Messieurs, que sans quelques mesures que je me bornerai à énoncer, l’on ne parviendrait pas au résultat qui est le but de nos efforts ;

» 1° On devra veiller à ce que l’impôt de la prestation porte sur tous ceux qui d’après la loi doivent être imposés ;

» 2° Que cet impôt soit pour tous les propriétaires aisés racheté en argent;

» 3° Que le produit afférent aux chemins de toute classe soit centralisé- et mis à la disposition de M. le préfet;

» 4° Enfin que les prestataires fournissant leurs journées en nature , fassent un travail équivalent à la valeur des journées employées.

» Je dois maintenant vous entretenir, Messieurs, de quelques objets spéciaux, sur lesquels votre commission a été aussi appelée à délibérer.

» Deux lignes de grande communication dont l’importance augmente chaque jour par la circulation fréquente, paraissent mériter d’être élevées au rang de routes départementales. Elles sont d’ailleurs amenées à l’état d’entretien, cl rien ne s’oppose par conséquent à ce que ce rang leur soit assigné. Ce sont : la ligne n° 1, de la route impériale n° 196 aux bains de Guitera; et la route n° 5, de Folelli à Piedicroce.

» Votre commission pense qu’il y aurait lieu à prier M. le préfet de vouloir bien faire remplir les formalités nécessaires et proposer le classement de ces lignes au nombre des routes départementales. »

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3gle

Tel est l’état actuel des routes de l’ilc’de Corse; que reste-t-il à faire?

De l’exposé que nous venons de faire, il résulte que la viabilité en Corse a été longtemps négligée. En clfel, tandis que toutes les autres parties de la France étaient dotées de voies de communication importantes, des sommes comparativement très-minimes étaient consacrées à la Corse. Depuis l’époque où s’opéra la réunion, en 1769, jusqu’en 1837, il ne fut dépensé pour les routes de l’ile qu’une somme totale de trois millions , soit annuellement environ 45,000 francs par an. Ces trois millions furent employés à terminer les routes d’Ajaccio à Bastia, de Sagone à la forêt d’Aïlone , de Bastia à Saint-Florent.

La loi du 14 mai 1837 porta à cinq le nombre des routes de la Corse, en ajoutant à celles qui existaient les routes 196 et 197.

Le crédit alloué fut de 3,400,000 francs.

La loi du 26 juillet 1839 éleva leur nombre à sept, en y joignant les routes 198 et 199, et leur accorda une subvention de cinq millions.

Enfin, la loi du 24 mai 1842 augmenta de trois millions les crédits affectés aux cinq premières routes.

Le montant total des sommes votées jusqu’à ce jour à l’exécution des routes impériales s’élève à 15,790,000 francs.

Si les routes classées et subventionnées sous le règne de Louis-Philippe avaient été poussées avec toute l’activité désirable , c’eut été assurément un grand bienfait pour le pays ; mais lorsque la monarchie de juillet

CHAPITRE VINGTIÈME, succomba, on était loin d’avoir dépensé les sommes votées. Les travaux avaient marché avec une lenteur désespérante, ou avaient été trop rapidement expédiés. Iis étaient incomplets, et nécessitèrent des travaux de rectification très-onéreux. Ce qui le prouve, c’est que, vingt ans après, de nouvelles dépenses sont urgentes, non pas pour ouvrir de nouvelles voies de communication, mais pour rectifier en quelque sorte l’œuvre du passé, pour achever ou consolider des routes déjà classées.

Ainsi, ce qui reste d’abord à faire, c’est de finir toutes les routes impériales, les routes forestières déjà classées, et les chemins vicinaux. On s’occupera ensuite d’en ouvrir de nouvelles.

Parmi les routes impériales commencées et non achevées, il faut placer en première ligne la route de ceinture qui reliera Bastia , Calvi et Ajaccio, en suivant le littoral occidental, et qui passera par Piana, Cargese et Sagone, après avoir traversé toute la partie déserte du domaine de Galeria, où nous avons réclamé l’établissement d’une colonie.

La seconde route dont nous nous occuperons n’est que classée , elle va de Corte à Aleria, et unit le centre à la côte orientale. Il y a plus de trente ans que le conseil général a demandé la prompte exécution de cette route, qui faciliterait l’échange des prodùits de l’intérieur avec ceux d’un des territoires les plus fertiles de la Corse et du monde- entier. Malheureusement , les gouvernements successifs ont été sourds aux réclamations réitérées de l’administration locale. Celle roule, sous le n° 200, n’a été classée que depuis le mois de juin dernier, et on annonce aujourd’hui qu’on n’enta-

niera cette route que lorsque celle qui est classée sous le n° 199 sera terminée.

Sans contredit, l’importance de cette dernière route est immense. Autrefois , pour aller d’Ajaccio à Calvi , il fallait faire des détours qui doublaient au moins la distance. On se rendait d’abord de Calvi à Ponte alla Leccia ; de là à Coi te , et de Corte à Ajaccio. La nouvelle route suit la côte occidentale. Elle est directe, et abrège la distance d’un nombre considérable de kilomètres.

Quant à la roule de Corte à Aleria, des raisons majeures nous font insister sur l’urgence de son achèvement. On doit se mettre à l’œuvre le plus tôt possible , car il n’existe actuellement aucune communication qui mette en rapport la côte orientale avec le centre.

Comme complément de celle nouvelle voie, il nous paraîtrait nécessaire de faire un port de l’étang de Diana.

M. l’ingénieur Léguillé a étudié attentivement ce vaste lac, qu’on désigne modestement sous le nom d’étang. 11 en a sondé la profondeur; et dans un rapport aussi savant que consciencieux, il démontre péremptoirement que la transformation de l’étang de Diana est aussi facile qu’avantageuse. Elle coûterait peu, et comblerait une lacune essentielle. En effet, la côte orientale n’a d’autres ports que Porto-Vecchio et Bastia, sur un espace de plus de 80 kilomètres, tandis que la côte occidentale en compte un grand nombre. La circulation et l’exportation des produits du centre et de l’est sont donc difficiles, pour ne pas dire presque impossibles, et entraînent les agriculteurs à des frais qui grossissent en pure perle le prix de revient.

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