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CHAPITRE VINGTIÈME

Le port de Diane contribuerait à vivifier une contrée dont nous avons vanté la fertilité , mais dont on ne saurait, dans l’état actuel, apprécier convenablement les incalculables ressources.

Les travaux que nécessiteraient la route et le port , en activant le commerce, en attirant les populations du centre vers le littoral , aideraient puissamment à l’assainissement tant désiré de cette plaine orientale qui est aujourd’hui un épouvantail pour les habitants de la Corse comme pour les continentaux, car4 sans tenir compte de l’origine des miasmes délétères , ceux-ci se persuadent à tort que la mal’ aria règne indistinctement sur tous les points de l’île.

La route dont nous venons d’entretenir le lecteur relie le centre à la côte orientale ; mais il n’existe encore aucune communication directe entre cette côte et la côte occidentale, sauf celles de Calvi à Ponte alla Leccia, et d’Ajaccio à Corte.

Une artère principale réunit les extrémités méridionale et septentrionale de la Corse, qu’elle divise en deux dans toute sa longueur. Elle part de Macinaggio, ancienne route départementale, maintenant impériale, passe à Bastia, Corte, Ajaccio, Sartène et Bonifacio.

Il reste à créer une route transversale. S’unissant à l’artère principale, elle partirait (le Vivario, franchirait la chaîne de montagnes qui sépare la Corse en deux, rejoindrait aux bains de Guagno la route départementale, et aboutirait à la route impériale n" 195, de Vico à Sagone.

En ce moment, pour aller de Vico, de Guagno, d’Evisa, etc., à Bastia, il faut d’abord se rendre à Ajaccio, et prendre de là la route principale. C’est une

dépense de temps et d’argent qui grève d’une manière sensible les habitants d’une partie notable de la Corse.

Si, comme nous en avons émis le vœu , Vico devient dans un prochain avenir chef-lieu d’arrondissement, l’extension des affaires de toute sorte exigera impérieusement la route que nous réclamons.

L’étude de cette route a été faite par les soins de M. Vellut, agent voyer en chef. Il a reconnu l’utilité de cette nouvelle route. Les populations la demandent, et nous tenons d’un homme éclairé, plein de zèle pour le bien-être du pays, M. Leca, membre du conseil général du canton de Soccia et chef du cadastre , que la commune de Vivario offre vingt mille pins lariccio à prendre dans la magnifique forêt communale qu’elle possède , à la condition qu’on fasse cette nouvelle route. En évaluant seulement ces arbres au minimum de 7 francs 50 centimes le pin , on réaliserait immédiatement 1 50,000 francs. Or, d’après les devis, la route, qui n’aurait que 32 kilomètres de longueur, ne coûterait pas plus de 250,000 francs.

Puisque nous avons parlé des forêts, nous devons ajouter que la route dont nous proposons la création traverserait un autre centre forestier de la plus haute importance. La forêt de Jardine , jusqu’à présent inexploitable, trouverait enfin des débouchés. Ses arbres de dimensions colossales, et qui pourrissent sur place , faute de routes, arriveraient au port de Sagone, et, suivant les demandes, ils pourraient sans peine être transportés par Vivario et Corle jusqu’à Aleria, où ils seraient embarqués.

Ces résultats pour être obtenus exigent naturellement qu’on améliore l’état des routes forestières. La

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