‹ La Corse et son avenirChapitre 234 sur 256 · CHAPITRE VINGTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIEME

loi du mois de juin 1854, comme nous l’avons vu, a consacré cinq millions à l’exécution de treize routes forestières. Jusqu’à ce jour, on n’a dépensé que 700,000 francs pour les cinq premières routes seulement. Sans demander l’ouverture de nouvelles voies de ce genre, nous nous bornons à exprimer le vœu que l’on emploie intégralement le crédit voté, et dans le plus bref délai. Le même vœu s’applique aux chemins vicinaux. On en a ouvert un trop grand nombre à la fois; il en est résulté une grande confusion; le produit des centimes additionnels éparpillé en même temps sur trop de points s’est trouvé insuffisant, comme l’atteste le rapport que nous avons transcrit plus haut. 11 eût été à désirer que MM. les agents voyers eussent suivi, sous ce rapport, l’exemple des ingénieurs, qui ne commencent une route que lorsque la route précédemment classée est achevée complètement.

Dans la situation actuelle, il est évident pour nous, quoiqu’on ait encore voté des centimes additionnels , que le département ne saurait terminer seul toutes les routes ouvertes. Si l’État ne lui vient en aide, plusieurs voies de communication, déjà endommagées par la mauvaise saison, seront presque entièrement détruites. Les sommes qu’on leur a consacrées, ces sommes qui ont grevé le budget départemental , auront été gaspillées, sans aucune rémunération.

Xous croyons donc devoir faire un appel à la sollicitude du gouvernement ; il a récemment accordé des sommes importantes à deux départements pour travaux de chemins de fer, ne saurait-il rien faire pour la Corse, qui se trouve dans une position si critique et tout exceptionnelle?

Chemins de fer.

Deux chemins de fer sont proposés pour la Corse.

Le premier, dont M. Conti, receveur général, a étudié le tracé , relierait l’Italie , la Corse , la Sardaigne et l’Afrique.

Le chemin de fer partirait de Saint-Florent, où viendraient débarquer les voyageurs et les marchandises de l’Italie. Il irait à Bastia, franchirait toute la bande orientale , et aboutirait à Porto-Vecchio. Des bateaux à vapeur opéreraient le transbordement en Sardaigne , où un autre chemin de fer aboutirait à Cagliari. De là, d’autres bateaux à vapeur iraient à Bône. Ainsi , les voyageurs d’Italie, avec leur fret, pourraient se rendre en Algérie sans passer par Marseille, avec une économie considérable de temps et de dépenses.

Nous ne pouvons suivre M. Conti dans le développement de ce grand projet. Nous dirons seulement que ce projet, qui serait relativement peu coûteux, puisqu’il longe une plage dépourvue d’accidents de terrain, aurait un double avantage. Il développerait en Corse le mouvement commercial et industriel ; il y provoquerait un transit continuel, frapperait les imaginations encore incultes des habitants , et les initierait rapidement à la civilisation la plus avancée.

En outre, le gouvernement, qui fait des efforts considérables pour hâter le moment où tout le territoire de la colonie africaine sera suffisamment peuplé, trouverait un renfort d’hommes robustes et laborieux dans

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