‹ La Corse et son avenirChapitre 25 sur 256 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

« François I“r, qui le fit colonel de trois régiments et » puis de sept enseignes corses. 11 nous servit en Italie » sous Guy de Rangon ; il chassa Antoine de Lene, et » lui fit lever le siège de Fossan. De là il fut envoyé à « la garde de Marseille avec le seigneur de Berbeziers- » Chemereau ; il fut à l’entreprise des seigneurs de » Montejou et de Boisy , et comme eux prisonnier de » guerre. Sa liberté recouvrée, il suivit notre Dauphin » au voyage de Roussillon et an siège de Perpignan, où » il se signala par une action si peu commune , que ce » prince tira la chaîne d’or qu’il avait au cou pour en » honorer la vertu de ce grand capitaine, lui concédant » dès lors de porter la fleur de lis dans ses armes après » lui en avoir vu si glorieusement soutenir les intérêts. » Comme il s’avançait toujours où le péril accompagne » l’honneur, il s’offrit de conduire trois compagnies « d’Italiens au secours de la ville de Landrecy, qu’il fit » heureusement passer à travers le camp des ennemis.

« De là il fut en Corse , où son ardente passion pour » le service de la France le rendit suspect à la répu- » blique de Gênes, qui le fit arrêter ; mais enfin, étant «relâché par la recommandation du roi ,*Sampiero « repassa en Piémont pour le secours de Cazal, gardant « toutefois le souvenir de la prison , qui lui forma le « dessein de faire triompher nos armes en son propre » pays. Il en persuada l’entreprise au roi, qui lui com- » manda d’y accompagner notre général le maréchal » de Thermes ; il y fut avec trois galères et prit port » à Bastia, qui se rendit à lui au premier coup de » canon. 11 força plusieurs autres places dans cet Etat,

» où il défit les ennemis en toutes rencontres. L’auteur » Fourquevaux dit qu’il valait plus de dix mille hom-

» mes, qu’il pacifiait les discordes, qu’il rassurait le » courage, et que son esprit, toujours tendu à l’enlre- » prise ou à l’execution , faisait incessamment de uou- » velles conquêtes qui furent seulement retardées par » la paix que Je roi fit avec la république. Cependant » Sampiero, qui ne connaissait point de dangers dans » ses entreprises, et qui pardonnait difficilement les » offenses reçues, se crut assez puissant pour faire lui » seul une seconde guerre aux Génois, et se venger de » l’affront de la prison. Il repassa en Corse avec vingt- » cinq Français et douze Corses. Il descendit au golfe « de Valinco, résolut de conquérir cet Etat, comme » auraient fait ses premiers pères, ou de s’ensevelir » sous ses ruines. Il prit d’abord le château d’istria, » les tours de Uithini et de Veusolasca, il pava de corps » morts toutes les rues de Vescovolo, augmentant de » jour en jour le nombre de ses forces par celui de ses » amis qui venaient se rendre sous ses enseignes. »

« Sampiero , dit également l'historien Casoni , ayant r> donné les plus éclatantes preuves de fermeté et de » courage, a obtenu dans notre siècle très-belliqueux » un des premiers raugs parmi les capitaines de l’Ita-

» lie Doué d’une grande intelligence et d’un génie

» pénétrant, il possédait deux qualités qui se trouvent » rarement réunies , savoir : un esprit vif et élevé et » un jugement sain et solide... Sampiero, ajoute l’au- » tcur en question , toujours prêt à adopter un parti , » ferme dans son exécution, résigné aux fatigues, in- » trépide dans les dangers, sachant profiter de toutes r> les chances que lui offrait la fortune , des désordres n et des fautes de ses adversaires, Sampiero soutenait » le fardeau de la guerre autant par sa valeur que par

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