‹ La Corse et son avenirChapitre 27 sur 256 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

9 février 1731 , on prêta le serment de s’affranchir à jamais de la détestable domination génoise.

Les combats se succédaient avec des chances diverses; les Génois, désespérant de parvenir à rétablir seuls leur autorité en Corse, furent obligés de solliciter avec instance un appui étranger; et Charles VI, empereur d’Allemagne, consentit à leur fournir un corps de huit à dix mille hommes, dont une division fut écrasée à Panugolo par l’intrépide Giaferri. Bientôt de nouvelles troupes furent nécessaires pour remplacer celles qui avaient trouvé la mort en combattant contre les milices nationales; et le prince de Wurtemberg arriva avec un corps d’armée assez considérable pour renforcer les premiers; ce fut ainsi qu’en peu de temps l’armée austro-ligurienne fut portée à 20,000 soldats. Les généraux insulaires, sans se décourager, combattirent bravement ces masses de troupes, et leur firent éprouver des pertes considérables. Mais pendant que la guerre se poursuivait sans relâche, des propositions de paix , arrivées de Vienne , favorisèrent les négociations, et un traité de paix favorable à la nation corse fut signé (II mai 1732).

Les Allemands, ayant à leur tête Wachtendorick, furent obligés d’évacuer entièrement le pays où plus de trois mille des leurs avaient trouvé leur tombeau; ils remirent aux autorités génoises les places qu’ils occupaient, et s’embarquèrent le 13 juin 1733.

Après ce départ, la Corse espérait pouvoir se reposer un instant des fatigues de la guerre ; mais le gouvernement génois, toujours infâme et déloyal, excita bientôt par sa conduite une nouvelle insurrection , qui éclata en janvier 1734.

Giaferri fut aussitôt investi du commandement en chef; on lui adjoignit Hyacinthe Paoli et d’autres collègues pour organiser un gouvernement national. Une assemblée générale de la nation se réunit à Corle au mois de janvier 1735, et uue constitution fut préparée, étudiée et décrétée.

Gènes ne voulant pas respecter les nouveaux pouvoirs établis, la Corse indépendante devait s’attendre à renouveler les opérations militaires contre les forces liguriennes. La lutte ne tarda pas à recommencer, elles troupes génoises, commandées d’abord par le colonel Lorca et le major Mareelli , puis par Pinelli , homme profondément détesté en Corse, et enfin par Laurent Impériale et Paul- Baptiste Rivarola, furent battues dans toutes les rencontres par les généraux H. Paoli et Giaferri. Le succès aurait été complet si les Génois n’avaient établi un blocus rigoureux qui ne permettait pas aux armées nationales de recevoir des munitions.

Plusieurs bâtiments chargés de matériel de guerre destiné aux Corses furent capturés; mais, malgré la grande surveillance exercée par les ennemis, deux navires jetèrent l’ancre à l’ile Rousse, et débarquèrent des munitions envoyées par des patriotes anglais. Ce fut sur ces entrefaites qu’un événement imprévu et presque merveilleux vint tout à coup donner un nouvel aspect aux affaires de l’ile : l’apparition d’un étranger, connu sous le nom de Théodore de Newkoff, produisit beaucoup d’effet, et nous allons voir ce qu’il devint.

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