CHAPITRE DEUXIÈME
près de Ponte-Nuovo; et malgré la valeur, l’intrépidité des Corses dans l’attaque et la défense, malgré le talent militaire de Paoli et des généraux Salicetli ej Gaffori , victimes d’une imprudence, écrasés par le nombre, ils durent abandonner le champ de bataille, après avoir montré aux soldats français l’exemple le plus frappant de la grandeur, de l’héroïsme et de la franche abnégation.
Paoli , ayant perdu tout espoir de défendre plus longtemps sa patrie , se réfugia , après cette défaite , en Angleterre, et là il négocia pour soumettre sa patrie à ce royaume.
Pendant ce temps , la Corse reconnut partout la souveraineté de la France. Paoli, rentré de l’exil, essaya bien de délivrer une seconde fois la Corse de la domination française. Mais la Convention nationale décréta, le 2 avril 1793 , qu’il serait appelé à sa barre pour se défendre. Sans obtempérer à ce décret, Paoli convoqua une consulte générale à Corte, et défendit à toutes les autorités constituées d’obéir, de respecter la décision de la Convention. Une telle conduite indisposa l’Assemblée nationale , et Paoli fut déclaré traître à la patrie ■ ce qui ne l’empêcha pas de rallier aussitôt tous ses partisans, d’investir Saint-Florent, Dastia, Calvi, et de demander des secours aux Anglais, qui bloquaient Toulon, sous le commandement de l’amiral Hood.
Le général Dundas , favorisant la demande de Paoli , débarqua en Corse à la tête d’une armée composée de cinq régiments. Il parvint, après une vive résistance, à se rendre maître des principales places de l’île. Après
leur reddition et l’émigration des familles attachées à la France, Paoli convoqua une assemblée de la nation à Corle. On y rédigea une constitution à peu près semblable à celle que l’Assemblée constituante avait donnée à la France, par laquelle la Corse était sous la domination de l’Angleterre. Sir Gilbert Elliol fut nommé vice-roi de l’ile. Le mécontentement devint général , la bonne intelligence entre les Anglais et les nationaux ne fut pas de longue durée. Les partisans de Paoli furent bientôt eux-mêmes au nombre des mécontents.
La grande iuflucnce que cet homme célèbre conservait sur tous ses compatriotes ayant inspiré des inquiétudes au gouvernement anglais, ce gouvernement invita l’illustre général à passer à Londres. Paoli quitta la Corse pour ne plus la revoir.
Les habitants subirent la domination des Anglais jusqu’au mois d’octobre 1793. A cette époque, les généraux Lacombe et Casalta les chassèrent de l’ile en moins de six semaines.
Les Anglais y entrèrent de nouveau en 1814 ; mais ils furent obligés de l’évacuer après quelques mois de séjour. Durant les Cent jours, la Corse arbora fièrement le drapeau national, qui fut remplacé peu de temps après par celui de la Restauration '.
1 t Dans un ouvrage intitulé Histoire de la guerre de Fiumorbo pendant les années 1815 et 1816, M. Marchi 61a aîné retrace avec talent la lutte que le marquis de Rivière , chef de l’expédition envoyée en Corse par la Restauration , soutint contre le commandant Poli , chef des Corses restés dévoués à la cause napoléonienne. Cette phase, complètement inédite et inconnue d’une histoire si importante , sera lue avec intérêt > (Journal le Télégraphe.)
* L'Histoire du Fiumorbo nous apprend que les Corses n’acceptèrent pas aussi facilement que leurs frères du continent le gouvernement que leur imposa l'étranger après Waterloo. Ils se battirent et furent vaincus, s (Journal la Vie humaine.)