‹ La Corse et son avenirChapitre 34 sur 256 · MŒURS ET COUTUMES DE LA CORSE. — DESCRIPTION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

MŒURS ET COUTUMES DE LA CORSE. — DESCRIPTION GÉNÉRALE

— SITUATION, ÉTENDUE, SOL. — DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE. — VILLES PRINCIPALES. — CLIMAT.

Mœurs et coutumes de la Corse.

Sans nous étendre et nous appesantir trop longuement sur cette matière, nous ferons en sorte de donner au lecteur une connaissance exacte des principaux traits des mœurs et coutumes de ce peuple, qui passe, aux yeux de bien des gens , pour être barbare et sauvage. Nous laisserons parler plusieurs auteurs qui ont dépeint, avant nous, les mœurs de la Corse; nous ferons ensuite nos observations. « Les Corses, dit Cyrneus, » aiment les factions et ont soif de la victoire. Avides n de vengeance, s’ils ne peuvent l’exercer ouvertement, » ils emploient les embûches, la ruse et tous les genres « d’artifices pour arriver à leur but : blessure pour » blessure, homicide pour homicide. Celui qui ne se » venge pas est réputé infâme. Désireux de change- » ment , ils préfèrent la guerre au repos, et la cher- » client chez eux s’ils ne la trouvent pas au dehors. Ils » s’agitent à l’envi au milieu des troubles intérieurs, et » ne cherchent d’autre prix de la victoire que la gloire

LA CORSE ET SOX AVEXIR.

» d’avoir vaincu. Dans la vie privée, ils observent les « lois de la justice et de l'humanité plus que les autres v hommes. Si quelque contestation s’élève entre eux, i> ils choisissent pour arbitre un homme de probité, » et ils obéissent à sa sentence comme si elle avait été » rendue par les magistrats. Le bon droit n’a pas moins » de force, à leurs yeux, par sa nature que par les lois.

» Quelques-uns s’adonnent à l’agriculture ; d’autres » sont pasteurs, d’autres marins ; le plus grand nombre « embrasse le métier des armes soit dans l’ile, soit au » dehors. Le nombre de ceux qui se livrent au com- » merce est très-petit. L’usage de l’or et de l’argent » est presque nul parmi eux ; même chez les premiers « de la nation , la femme prépare le repas du mari. r> Dans leur maison, aucun luxe, aucun ornement. » Les plus religieux des mortels, ils ont un tel respect s pour les temples, que même pendant la guerre, ils r> ne toucheraient pas aux biens que leurs ennemis y » auraient déposés. Lorsque des navigateurs , poussés » par la tempête ou poursuivis par les pirates, vienv nent chercher un refuge sur les côtes de l’île , les » Corses volent à leur secours. Les inimitiés sont alors » oubliées, les hostilités suspendues.

* Si vous implorez leur assistance et vous confiez à n leur foi , ils seront promptement à vous , ne vous j) eussent-ils jamais vu. Celui qui aperçoit le premier 33 un navire poursuivi se réfugier sur le rivage, ou voit 33 une rixe s’élever entre des citoyens, s’écrie avec 33 force : O gens de bien , secourez vos frères ! 11 in- 33 dique ensuite le lieu où l’on doit se rendre , et qui 33 l’on doit secourir. Ce cri retentit bientôt dans tout le 33 canton. Armés ou sans armes, oubliant leurs propres

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