‹ La Corse et son avenirChapitre 52 sur 256 · CHAPITRE TBOlSIÈàlE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TBOlSIÈàlE

juste titre l’attention des touristes qui parcourent ces beaux lieux.

Divisée en deux parties , la citadelle et la ville, elle a dans son aspect quelque chose d’étrange , car ses Biaisons sont assez irrégulièrement bâties , mais pourtant sa rude physionomie , loin d’attrister le regard , ne manque pas de charme et satisfait au contraire l’œil avide de paysages pittoresques. Les édifices et monuments , sans être très-nombreux , ne font pas cependant complètement défaut. On remarque dans cette ville, avec un certain plaisir, la maison si pleine de souvenirs touchants et la statue de l’illustre libérateur Paoli; les modestes appartements du courageux Gaffori; la citadelle, qui n’est autre qu’un ancien château élevé au commencement du quinzième siècle par Vincentello d’Istria , et une caserne qui passe pour une des plus belles de France. Nul doute qu’avec le temps , la ville de Corte, par sa position avantageuse au centre de l’île , et par l’augmentation de sa fortune agricole , ne devienne dans un avenir prochain une ville très-importante.

Calvi. Ville forte et maritime. Chef-lieu d’arrondissement. Tribunal de première instance. Place de guerre de deuxième classe. Société d’agriculture. Popuhation : 1,473 habitants. L’arrondissement de Calvi occupe la partie nord-ouest ; il est borné au nord , à l’ouest et au sud-ouest , par la Méditerranée ; au nord-est par l’arrondissement de Bastia ; à l’est et au sud-est par celui de Corte ; au sud par celui d’Ajaccio.

Cette ville, qui date de l’an 1268, fut bâtie par Giovanninello de Pietra Allerata, alors en lutte avec le comteGiudicedela Rocca; elle eut à soutenir à diverses

époques des sièges mémorables, entre autres celui des Anglais en 1794 *.

Admirablement située sur un roc majestueux qui s’avance dans la mer, environnée d’eau de trois côtés , Calvi se présente à l’œil sous une apparence imposante, et domine de sa hauteur un port magnifique pouvant facilement abriter une nombreuse flotte.

A part sa position pittoresque, sa campagne couverte d’oliviers et ses belles fortifications, la ville n’a rien de remarquable par elle-même.

Son importance comme ville commerciale s’est affaiblie beaucoup depuis la création de l’Ile-Rousse ; mais cependant, lorsque ses immenses territoires de Gaieria seront peuplés et cultivés , elle prendra assurément les proportions d’une grande ville du continent *.

Sartène. Jolie ville, à 83 kilomètres sud-ouest d’Ajaccio. Chef-lieu d’arrondissement. Tribunal de première instance. Société d’agriculture. Population : 3,845 habitants.

Cet arrondissement, qui embrasse toute la partie

1 On voit encore les dégâts causés par les bombes ot les boulets des Anglais en 1794.

1 Dans la vallée de I.usaupeo, entre Calvi et Gaieria, se trouve situé, sur une élévation d'où l'on domine une campagne superbe et une mer magnifique, le château de S. A. le prince Pierre -Napoléon Bonaparte.

Eloigné des affaires politiques , Pierre Bonaparte vit au milieu de ses compatriotes et apprécie chaque jour leurs qualités. Il mène à la fois une vie tranquille et séduisante : lu chasse , les promenades , les visites aux eaux thermales, les excursions, 1rs petites fêles lui font oublier les charmes de la cour et les plaisirs de Paris. Il s'occupe d'agriculture , et fait appliquer dans sa belle propriété les procédés rationnels de culture. Cet exemple, parti de si haut, profite A tous les agriculteurs de l'arrondissement , qui trouvent en la personne du prince un resur bon , un caractère élevé, une ùme sensible qui vient au secours des affligés, des mallieurcux, avec cette modestie et ce peu d’éclat qu’on ne saurait trop louer.

ior

CHAPITRE TROISIÈME, méridionale de Pile, est borné an nord et au nordouest par les arrondissements de Corte et d’Ajaccio , à l’ouest par la mer Tyrrhénienne , au sud et sud-ouest par la mer de l’ile de Sardaigne.

Dès le seizième siècle, la ville de Sartène fut entourée d’une muraille pour repousser les invasions barbaresques, qui, pendant longtemps, ravagèrent ses campagnes.

Bâtie en amphithéâtre dans une position pittoresque , elle domine des vallées superbes de richesse et de beauté. Si la ville de Sartène est remarquable par sa belle situation , par la fécondité de son sol et la variété de ses produits, elle a été, par contre, lo séjour d’inimitiés implacables, de haines vivaces et profondes, et a donné asile à une population ennemie qui sVst fait une guerre acharnée et sanglante pendant une période d’années trop longue, hélas !

Ile-Rousse. Ville maritime. Tribunal de commerce. Population : 1 ,626 habitants. Cbef-liou de canton.

Ce fut Paoli qui fonda cette jeune cité en 1758. Elle a promptement surpassé en importance Calvi, sa voisine et sa rivale ; aujourd’hui elle est gracieuse, florissante, et est devenue le marché de la riche province de la Balagne.

L’Ile-Rousse offre non-seulement le spectacle d’une ville commerciale, mais elle ne manque pas non plus de certains attraits dans sa physionomie. D’ailleurs , si l’IIe-Rousse manque totalement de monuments publics dignes de remarque, elle possède en compensation des maisons particulières qui lui donnent l’aspect d’une grande et belle ville.

Saint-Florent. Petite ville fondée en 1440, fortifiée,

à quelques lieues de Bastia, a toujours été le point de départ des opérations offensives dirigées contre la Corse.

Admirablement situé au fond du golfe auquel il a donné son nom, posé sur le penchant d’une colline d’où l’on domine une riante campagne et une grande étendue de mer, le village de Saint-Florent est destiné à devenir une ville florissante et d’une grande importance dès le jour où des travaux d’assainissement seront complétés , pour faire disparaître à jamais les vapeurs méphitiques qui s’élèvent en été des marais environnants, et qui déciment annuellement une partie des habitants de ce superbe pays.

Vico. Petite ville , située à 48 kilomètres d’Ajaccio. Chef-lieu de canton. Population : 2,024 habitants.

Cette ville, qui est une des plus anciennes de la Corse , fut pendant longtemps le siège épiscopal de Sagone, après la destruction de cette ville. De 1797 à 181 1 , elle fut également un chef-lieu d’arrondissement, et, depuis cette époque, elle a perdu un peu de son importance.

Entourée de toutes parts de hautes et fraîches montagnes , fièrement assise sur une petite élévation au pied d’une pente douce, verte et bien cultivée, la petite ville de Vico ne laisse pas de captiver les regards des nombreux baigneurs qui la traversent pour se rendre aux bains de Guagno.

On y trouve, en effet, de belles promenades ombragées par d’énormes châtaigniers qui projettent une ombre impénétrable, de belles campagnes et un pic merveilleux à voir, appelé Cuma, qui a tout à fait la forme d’un pain de sucre. Il y a là une magnifique

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