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CHAPITRE QUATRIÈME

Corse est d’environ 874,741 hectares. Cette grande quantité de terrain est répartie à peu près ainsi qu'il suit :

Terrain* cultivé >.

bect. cent.

En oliviers 4,145 49

— vignes 9,885 18

— châtaigniers . 27,647 90

— bois 77,096 62

— grains 142,996 82

— prés 441 07

Total 262,513 08

Terrains incultes cultivables.

heot. cent.

En oliviers. . .

— vignes . . .

— châtaigniers.

— grains . . .

— prés ....

Total 243,099 54

Terrains non susceptibles de culture.

hèct. cent.

Pâturages 208,650 82

Eau* 5,888 45

Rochers 154,619 30

Total 369,158 57

D’après cet aperçu statistique, il est facile de voir que l’agriculture en Corse est très-arriérée. Cependant, il faut avouer que depuis quelques années elle s’est améliorée assez sensiblement. Le progrès , il est vrai , aurait pu et aurait dû être beaucoup plus actif ; mais enfin, si médiocre qu’il soit, il pourrait au moins en-

courager les agriculteurs à travailler à la régénération de ce pays vierge, où le sol est des plus fertiles, où toutes les céréales réussissent, où toutes les plantes deviennent superbes, où tous les légumes prospèrent, où tous les arbres prennent des proportions gigantesques, où, enfin, le mûrier, le coton, le tabac, la. garance, l’indigo, la canne à sucre, s’acclimatent d’une manière si heureuse.

La population agricole s’est accrue depuis que les moyens de communication sont devenus plus faciles , les transports moins coûteux , et les débouchés plus sûrs, plus avantageux. Mais cet accroissement n’est pas assez sensible en présence des besoins de l’île.

Les bras pour remuer la terre, lui donner la vie et la rendre féconde, manquent malheureusement en Corse , quoique dix mille Lucquois environ viennent pendant six mois de l’année augmenter le nombre des travailleurs indigènes; on peut facilement s’en convaincre, quand on songe que la population de ce département par kilomètre carré est simplement de vingthuit habitants, tandis que celle des départements du Haut -Rhin et du Nord est de cent vingt et de cent quatre-vingt-onze. D’après bette comparaison, il est aisé de s’apercevoir que la population de la Corse est insuffisante ; et il n’est que trop vrai que là où la population est peu nombreuse, là est la souffrance et la misère. Il y a donc urgence d’augmenter par tous les moyens possibles Je nombre des cultivateurs. Nous nous efforcerons , quant à nous (et ce sera une matière de notre ouvrage des plus importantes à traiter) , d’enseigner dans des chapitres spéciaux ce qui devrait

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