‹ La Corse et son avenirChapitre 61 sur 256 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

être ; nous ne demanderons que ce qui nous paraîtra réalisable.

Malgré l’infériorité relative de la population agricole, les défrichements se font sur presque tous les points de la Corse ; mais ils ne sont que partiels , et les moyens auxquels on a recours pour débarrasser le sol des makis qui le couvrent sont tout à fait défectueux. Voici d’ailleurs comment on s’y prend toutes les fois qu’on veut mettre en culture une certaine étendue de terrain inculte. On ne connaît que deux procédés : l’essarlement et le défrichement. Par l’essartement on coupe le makis à la surface de la terre, puis on le brûle en circonscrivant le terrain qu’on y destine. On coupe ensuite le boffe que le feu n’a pu consumer; on le brûle, et après que l’incendie a fait disparaître tous les végétaux , que la pluie a donné de la compacité à la cendre, on laboure avec l’araire romaine, et on sème sans autre apprêt. La terre fertilisée par la cendre donne d’ordinaire une première récolte très-abondante qui suffit à elle seule pour faire rentrer le laboureur dans ses frais de défrichement; la seconde récolte est moins abondante, le terrain n’ayant pas été réparé par les engrais; la troisième est encore moindre; et c’est ainsi que la terre finit par s’épuiser sans avoir été soumise à l’assolement. On l’abandonne alors pour la laisser reposer, et on renouvelle ailleurs la même opération. Drûler, labourer et semer sont les seuls systèmes généralement suivis. Les soins intermédiaires que réclame dans la plupart des cas la terre sont peu pratiqués. Par le défrichement on ajoute à la destruction des branches des arbustes l’enlèvement des racines, et on brûle surplace tout le bois. Telles sont les manières de défricher en Corse.

Céréales. La culture des céréales ', c’est-à-dire du froment, du seigle, de l’orge, de l’avoine, du millet., du maïs, du riz, etc., laisse beaucoup à désirer et réclame de la part des agriculteurs des perfectionnements utiles, des améliorations nécessaires. Mais, quoi qu’il en soit, les 142,996 hectares 82 centiares de terrains ensemencés actuellement produisent du froment, du seigle , de l’orge , du maïs , en assez grande abondance pour satisfaire à peu près aux besoins de la population. On évalue les récoltes annuelles de céréales en Corse à environ 950,000 hectolitres. Le froment produit en moyenne 10 pour un de semence, le seigle 15, le maïs 40 et les pommes de terre 20 pour un. C1 * 3 qualité des produits est très-belle et très-appréciée sur les marchés du continent. Les terrains d’alluvion sont d’une fertilité réellement prodigieuse, d’un rapport extraordinaire; ainsi on trouverait difficilement des endroits plus favorisés de la nature , sous le rapport de l’abondance et de la bonté des produits, que les plaines d’Aléria, de Mariana, du Fiumorbo, du Valinco et du Taravo. Là le blé rapporte de 18 à 50 fois la semence, l’orge dépasse ce taux, et le maïs y centuple. Ce sont les cantons de l’He-Rousse , d’Algajola , de Sainte-Lucie, d’Oletta, de Sermano, de Belgodere, de Moïta, de Campitello, d’Olmi, de Morosaglia, qui ont la plus grande superficie relative des terrains cultivés en grains.

1 D’après les dernières statistiques , la récolte de toute espèce de céréales s'élèverait maintenant en France, année moyenne, à environ 180 millions d’hectolitres. — En froment, notre pays produirait 60 millions d’hectolitres; en seigle, 26 piillions; en orge, 19 millions, en

méteil, 11,500,000; eu avoine, 46 millions; en sarrasin, 8 millions!

en mais et millet , 7 millions; enfin en légumes secs, 2,500,000.

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