‹ La Corse et son avenirChapitre 62 sur 256 · CHAPITRE QUATRIÈME. 1Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. 1Î

Vigne. La vigne a fait deg progrès sur plusieurs points de l’ile, principalement dans les environs d’Ajaccio et du cap Corse; elle promet de s’étendre, d’une manière avantageuse, dans plusieurs cantons de l’intérieur. Les vins de la Corse sont généralement peu soignés, mal conservés; cependant ceux qui sont faits avec soin sont excellents, car le raisin est de qualité supérieure; la fabrication seule laisse à désirer. Les vins de M. Martinenghi, propriétaire à Ajaccio, ont mérité la médaille d’honneur à l’exposition universelle. Le jury s’exprime ainsi :

« La qualité des vins de cet exposant est bien suivie ; » sLx bouteilles de ces vins ont été dégustées; ce vin » d’Ajaccio se vend 5 francs la bouteille; il est lin et » agréable à boire. Le jury a reconnu qu’il convenait » d’encourager celte production. »

Les 9,885 hectares de terrains cultivés en vignes produisent environ 300,000 hectolitres de vin annuellement, et une certaine quantité de raisin qu’on fait sécher.

Olivier. L’olivier croit naturellement sur presque toute la surface de l’ile ; il prend partout des proportions vraiment colossales. Celte culture est aujourd’hui trèsrépandue en Corse. Les territoires de Balagne, du hiebbio, de Bonifacio, en sont principalement couverts et produisent une grande quantité d’huile qu’on exporte à Marseille et ailleurs. La bonne fabrication des huiles est peu connue; aussi, malgré la grande supériorité des olives , elles ne sont pas généralement très-claires. Cependant celles qui sont bien fabriquées sont supérieures aux huiles d’Aix. En moyenne, la production actuelle est d’environ 150,000 hectolitres par an.

LA CORSK LT SOX AVENIR.

Chataigxier. Le châtaignier occupe une grande partie de la superficie de la Corse; il devient aussi grand, aussi vigoureux et aussi productif que les plus beaux des Apennins et de l’Etna; il couvre les revers des coteaux ainsi que la plupart des montagnes élevées.

Un arrêt du conseil du 22 juin 1771 avait défendu de planter des châtaigniers dans aucun terrain de Pile susceptible d’être ensemencé de blé ou autres grains , ou d’être converti en prairies naturelles ou artificielles, ou planté de vignes, d’oliviers ou de mûriers. Deux ans après, cet arrêt fut révoqué par un autre, où l’on reconnaissait que les châtaigniers étaient pour les habitants de certains cantons un moyen d’existence nécessaire dans les temps de disette, et, dans tous les temps, un objet de commerce avantageux. — Ce dernier arrêt fut rendu sur le rapport du célèbre économiste Turgot. (Voyez Robiquet, p. 49t>, Recherches historiques et statistiques sur la Corse. )

D’après M. de Beaumont , un ouragan qui les détruirait tous produirait dans la suite un heureux ré- # sultat. Nous ne savons pas jusqu’à quel point cette destruction profiterait aux populations, car la châtaigne , qui est aujourd’hui une des ressources principales de l’île, se débite bien sur tous les marchés, et la farine qu’on en extrait est bonne et nutritive. On évalue que les cantons de Valle d’Alesani, de la Porta d’Ampugnani , de Picdicroce , d’Orezza , de San Nicolao, de Mariani, de Pero de Tavagna, de Campile, de Vescovalo, de Morosaglia, de Cervionc, de Saint-Florent, qui constituent le pays des châtaignes (la caslagniccia), font une récolte, année moyenne, de 155,827 hectolitres. t

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