CHAPITRE DEUXIÈME
COUP d’oBI L GÉNÉRAL SUR L'HISTOIRE DE LA CORSE.
L’origine des peuples de la Corse est à peu près ignorée ; les divers historiens qui ont voulu jeter le jour sur l’antiquité de ce pays ont complètement échoué. « Les auteurs grecs et romains , dit Robiquet dans son » Essai historique de la Corse, qui ont parlé de ce pays, » ne nous ont laissé sur l’état de cette île, au temps où » ils écrivaient, que des renseignements insuffisants , « quelquefois contradictoires, et qui paraissent en gé- » néral mériter peu de confiance. Diodore de Sicile est » le premier qui ait donné quelques détails de ce genre. » Diodore fleurit vers l’an 44 avant l’ère chrétienne. Cet D historien ne fait mention que de deux villes, Galaris •n et Nicée, l’une fondée par les Phocéens, l’autre par «les Toscans; il représente l’ile comme couverte de v forêts. « Nous savons cependant que les Grecs l’appelaient Ctjmos et les Romains Corsica. Malgré l’obscurité dans laquelle nous sommes, les meilleurs auteurs de l’antiquité s’accordent à dire qu’elle a été colonisée par les Phéniciens , et nous pensons qu’aux Phéniciens se joignirent les Étrusques et les Grecs.
Mais des expéditions sérieuses ne tardèrent pas à être dirigées contre la Corse par les Romains. Tandis que Rome et Carthage se disputaient les possessions méditerranéennes, cette île, par sa position avantageuse, la fertilité de son sol, et la richesse de ses forêts, devait être un objet de convoitise de la part des deux peuples.
Des auteurs prétendent même que les Carthaginois ont possédé très-longtemps la Corse ; rien n’affirme ces assertions, car ils n’ont laissé aucun établissement sérieux comme trace de leur passage.
Quoi qu’il en soit, nous pouvons dire d’une manière positive quo les Romains s’en emparèrent après plusieurs expéditions dirigées à divers intervalles par les consuls Lucius Cornélius Scipion en l'an 200, et Cajus Lucinius Varus vingt ans après. Mais les Corses, se voyant attaqués sans motifs , se soulevèrent quelque temps après pour secouer le joug qui les opprimaiL
La Sardaigne et la Sicile unirent également leurs efforts pour vaincre l’ennemi commun, et au signal de la révolte ces trois peuples obligèrent les Romains à se renfermer dans les villes du littoral. Ce mouvement, bien que couronné de succès , ne tarda pas à être comprimé par le consul Manlius Torqualus, et, pour compléter l’avantage de celui-ci., les consuls Spurius Carvilius et Cornélius se mirent à la tête d’une expédition générale.
Spurius fut obligé de voler en Sardaigne au secours des soldats de Cornélius, qui étaient très-abattus des échecs qu’ils venaient de subir ; il défit complètement les Sardes, un instant vainqueurs, et les consuls Lepidus et Malleolus, qui renforcèrent, aussitôt après ce triomphe , les armées de Rome , furent contraints de céder aux Corses le riche butin qu’ils avaient pris aux Sardes.