CHAPITRE DEUXIÈME
Comme on le comprend , Rome voulut tirer vengeance des insuccès auxquels elle venait d’être condamnée; à cet effet elle chargea le consul Caïus Sapirius de poursuivre rigoureusement les opérations. Le combat s’engagea dans un lieu qu’on appela le champ des Myrtes, et la discipline romaine triompha dé l’héroïsme et de l’impétuosité des Corses ; ceux-ci se retirèrent aussitôt dans les montagnes pour fondre sur l’armée romaine dès que celle-ci se fut engagée dans les gorges, « 11 est aujourd’hui assez difficile, dit » l’historien Jacobî, de préciser l’endroit où fut livrée la » bataille du champ des Myrtes, parce que cet arbuste » abonde sur le littoral de la Corse ; mais tout porte à » croire que ce fut dans les environs de la moderne » Saint-Florent, aux lieux appelés Mirtella et commu- » nément Mortella, où, en faisant des excavations dans » le dernier cimetière, on découvrait encore des tom- » beaux romains et des armes anciennes. »
Papirius se vit alors obligé d’offrir la paix, et elle fut acceptée.
Dès ce moment la Corse fut considérée comme l’alliée de la république , et se trouva sous le protectorat de Rome. Il paraît que ce traité fut favorable aux Corses, puisque la meilleure amitié exista entre les deux peuples pendant cinquante années consécutives.
Celle bonne entente fut troublée par des causes inconnues, et un soulèvement général contre l’autorité romaine en fut la conséquence (181). Marius Pinarius fut chargé d’étouffer la révolte, et sa mission fut accomplie d’une manière heureuse. Mais sept ans après d’autres consuls de la Sardaigne , Attiiius Serranus et Cicéreius, voulant réprimer de nouveaux troubles et
LA CORSE ET SOX AVEXIR.
rétablir la tranquillité, furent repoussés et vaincus. Les Corses , encouragés alors par ce triomphe , voulurent livrer une bataille décisive aux armées romaines, et le sort des armes favorisa celte fois-là les troupes ennemies. •
La soumission de la Corse fut le résultat de celte victoire; mais la paix ne fut pas de longue durée, car dix ans après les insulaires se soulevèrent avec une nouvelle fureur, et affrontèrent la nombreuse armée du consul Juventius Thalna (1G3). Leur audace impuissante échoua devant la force numérique des Romains.
Thalna ressentit tellement de joie à la suite de son triomphe, qu’il mourut subitement, et les Corses, croyant le moment propice pour prendre une revanche, allèrent encore au-devant des Romains, leur livrèrent bataille; mais les indigènes furent obligés de courber la tête et de rentrer sous la domination étrangère. Celte victoire est due au talent de Scipion Nasica.
A celte époque, Marius et Sylla firent de ce pays une contrée florissante (162). Marius fonda la ville de Mariana, où il envoya une colonie, et, après sa défaite , le dictateur, son vainqueur, fonda également la colonie d’Alôria.
Ce calme fut bientôt troublé par la mort de César.
Octave, dans ce momenl-Ià maître de l’ile, se vit forcé de la céder, pour la reprendre ensuite , à Sexlus Pompéius, commandant d'une flotte considérable; il fut assez habile en même temps pour s’emparer de la Sicile et de la Sardaigne.
Plus tard Olhon et Vitellius se disputèrent le pouvoir de la Corse, et celle-ci donna la préférence à Othon. il fut assez adroit pour se maintenir jusqu’à