‹ La Corse et son avenirChapitre 73 sur 256 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

seraient aussi d’une très-grande nécessité en Corse ; et pourtant ces instruments y sont généralement inconnus.

Le hache-paille et le coupe-racines, qui servent à hacher la paille et les racines pour la nourriture des bestiaux, et*qui en font ainsi tirer un bien plus grand parti qu’en les donnant sans préparation, nous paraissent surtout indispensables en Corse, aujpurd'liui que tous les animaux domestiques de ce pays exigent de la part des agriculteurs des soins particuliers pour en assurer l’augmentation et la conservation.

Nous pensons enfin qu’il serait bon et utile pour chaque cultivateur d’avoir à sa disposition une machine qu’on appelle le tarare, sans laquelle il est impossible d’avoir du grain net et bien propre, et d’en nettoyer très-vite une grande quantité.

Ce petit nombre d’instruments n’offrent aucune difficulté, ni dans leur maniement ni dans leur construction et entretien. Les ouvriers qui construisent les ustensiles ordinaires pourraient sans difficulté fabriquer ceux-ci, et ils pourraient bientôt les donner à des prix très-modérés. Nous ne croyons pas utile de faire mention ici des machines à vapeur fixes ou locomobiles, des machines à moissonner et à battre ; car nous savons que leur introduction dans l’ile de Corse nous semble peu probable dans les circonstances actuelles.

Des engrais.

« Vous n’avez peut-être jamais entendu , » dit M. Cerati, homme plein de dévouement pour les intérêts

de son pays, « ou bien oublié l’adagê si opportun ici » que l’un des anciens prêtres les plus distingués de » ce diocèse, feu le grand vicaire Ciavalti, dont la mé- » moire est conservée précieusement par bien des per- » sonnes, répétait constamment à tous les ecclésiasli» « ques et à ses nombreux amis :

> Il letame non è un saulo,

« Fa miraeoli per lanto.

> Le fumier n’est pas un saint,

• Il fait pourtant des miracles. <

Oui, pouvons-nous répéter après lui, le fumier fait des miracles.

Que de reproches n’a-t-on pas le droit de faire aux agriculteurs de la Corse, qui en laissent perdre de si actifs , tels que les herbes , les plantes des marais , les tourbes, les corps des animaux morts, la suie, les cendres, les os broyés ou concassés, le sang, les urines et déjections de l’homme et des animaux, les balayures et boues des cours et des rues, les ordures, la vase et le limon des étangs et fossés, le plâtre, la chaux, les marnes et le varech.

L’art de préparer les engrais est une opération agricole très -importante, très-simple, et cependant des plus négligées en Corse. L’usage le plus généralement répandu consiste à entasser dans un coin de la cour les fumiers et les litières, au fur et à mesure de leur sortie des étables. On en forme ainsi une masse, dont les différentes parties sont très-inégalement soumises à la fermentation et à la décomposition; exposée aux pluies et aux vents, l’eau et l’air en entraînent les parties les plus salubres el les plus volatiles; cette mé-

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