‹ La Corse et son avenirChapitre 74 sur 256 · CHAPITRE CIKQUIKUK · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIKQUIKUK

diode est très-défectueuse; c’est pourquoi nous engageons fortement les agriculteurs de Pile à l’abandonner.

11 conviendrait que la fosse à fumier , construite en maçonnerie ou au moins en terre glaise bien battue, fut abritée par un hangar ou un appentis , que l’on eût soin d’humccter la masse quand la fermentation ne s’y établirait pas suffisamment, et de la retourner ou bien de mélanger des plâtras, des gazons, des bruyères, des balayures, de la terre même, si cette fermentation devenait trop forte. On laisse le fumier dans la fosse selon le degré de décomposition que l’on veut avoir; mais le moment où la paille brunit indique en général qu’il est temps de transporter le fumier dans les champs, où il doit être enterré immédiatement, ou bien d’opérer les mélanges que nous venons d’indiquer.

Nous croyons à propos de faire connaître la méthode des Flamands pour préparer un engrais liquide putride. Dans une fosse plus ou moins grande, construite en briques et en forme de citerne, ils déposent les urines des hommes et des animaux ; ils y ajoutent des vidanges des lieux d’aisances et du marc d’huile , et forment du tout un mélange liquide dont la putridité est excessive. On le répand sur les terres avec des tonneaux ou baquets, et il leur communique un degré de fertilité vraiment extraordinaire. A voir l’insouciance que l’on met à recueillir les engrais liquides, et notamment les sàcs qui coulent des fumiers et les urines, il semble qu’on ignore leur puissance comme engrais. En les laissant perdre, on se frustre peut-être de la moitié des principes fécondants dont on aurait pu disposer.

La masse principale des engrais est fournie par les litières mêlées aux excréments des bestiaux. Lorsque

leur rareté oblige de les ménager ou de s’en servir pour la nourriture des animaux , on peut y suppléer en couvrant le sol des écuries et bergeries de terre bien meuble et à moitié séchée, laquelle servira d’excipient pour les déjections animales, se chargera en outre des substances exhalées par leur transpiration, et formera un excellent engrais. Cette méthode offre encore l’avantage d’amender le sol en même temps qu’on le fumera; à cet effet, il suffit de disposer dans les étables une terre qui ait des qualités opposées à celle où l’on doit transporter l’engrais.

Telle est l’u tilitc des engrais pour augmenter la fécondité de la terre et assurer l’abondance et le bon marché de la production. Et puisqu’il est évident pour tous que le fumier est un élément actif et nécessaire à toute prospérité agricole, pourquoi les agriculteurs corses négligeraient-ils de l’utiliser au grand avantage de l’agriculture? Pourquoi, disons-nous, n’engraissentils pas leurs champs avec le fumier qui encombre les villages ot les alentours des maisons des villes ? Pourquoi enfin n’augmenteraient-ils pas, dans le plus bref délai, le nombre des animaux sans lesquels, on le sait, il n’y a point de fumier, et partant point de récoltes, point d’aisance, point de bien-être?

De l'assainissement et du drainage.

Dès 1834, l 'Almanach royal , contrairement aux habitudes qui le réduiseut à une simple nomenclature, insérait cette note importante : « Ea Corse renferme des » marais qui, rendus à l’agriculture, peuvent être la

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