CHAPITRE CINQUIÈME
» sonrcc de richesses immenses. La basse plaine d’Alc- » ria, seule, peut fournir aux besoins do plus de cent » mille habitants. »
Plus tard, M. Blanqui, dans son remarquable Rapport, insistait sur la nécessité d’arracher les populations à une cause incessante de destruction , et provoquait la sollicitude du gouvernement.
« Il ne faut pas se le dissimuler, disait-il, la question » de l’assainissement des marais est une question de « vie ou de mort pour la Corse; c’est une dette de la » communauté. Réduite à ses seules forces, cette lie » est hors d’état d’accomplir une tâche aussi rude; « nous lui devons aide et protection comme si elle était » en proie à un vaste incendie. » ( Rapport à l Académie, page 10.)
De nos jours tout le monde comprend que la plus importante des industries en France est la plus arriérée , et qu’il est urgent de rechercher les meilleurs moyens pour accélérer les travaux devenus indispensables , afin d’obtenir un accroissement sensible dans la production.
L’invention du drainage nous semble appelée à rendre d’immenses services dans un avenir prochain à l’agriculture en général.
Sans exagérer les avantages qu’on on retirera, nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper, qu’elle exercera une heureuse influence sur la production des denrées alimentaires. Kntrepris surtout sur une large échelle , le drainage changera les conditions agricoles dans lesquelles se trouve le pays.
Nous savons que l’Angleterre a tiré de cette invention le plus grand parti , et il est parfaitement établi
aujourd’hui qu’une portion du territoire français pourrait appliquer ce système avec un succès assuré à l’avance. Ou estime que des 53 millions d’hectares dont se compose le sol de France, 7 millions d’hectares ont besoin d’être assainis parle drainage, et que la dépense pour accomplir cette grande opération est à peu près évaluée à 2 milliards.
D’ailleurs, l’expérience a déjà démontré et prouvé jusqu’à la dernière évidence que les capitaux employés eu travaux de drainage rapportent en général jusqu’à 15 pour cent , ce qui représenterait un accroissement de production en France de deux cents millions au moins, prélèvement fait de l’intérêt des fonds engagés.
Certes de tels avantages légitiment des lois exceptionnelles , et tous les agriculteurs doivent remercier le gouvernement de s’être préoccupé d’une façon particulière de l’avenir de leurs champs. Chacun , disonsnous , conviendra que le législateur de 1856 a eu grandement raison de se montrer disposé à propager l’idée du drainage dans l’intérieur des campagnes , et à en faciliter l’application par des secours désormais garantis par une loi déjà promulguée.
Cette loi a pour but de faire prêter par l’Etat 100 millions à l’agriculture avec une affectation spéciale aux travaux de drainage. Mais le dessèchement des marais par le drainage ou autre u’esl pas seulement utile sous le rapport du perfectionnement de l’agriculture et de l’augmentation des céréales, il a une importance au moins égale sous le rapport hygiénique. Il n’est que trop vrai que les marais ont de l’influence sur la mortalité; il s’ensuit nécessairement qu’ils doivent en avoir sur l’état moral et intellectuel des habitants qui les