‹ La Corse et son avenirChapitre 76 sur 256 · CHAPITRE CINQ111ÈM · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQ111ÈM

avoisinent. Quoique la statistique n’ait point encore réuni les faits qui pourraient donner de la certitude à celte induction, chacun l’admettra facilement, parce que les observations générales qui ont été faites confirment notre opinion.

Sans doute, la législation nouvelle ne sera pas encore aussi favorable à l’extension du drainage qu’on peut le désirer ; mais les progrès ne se réalisent pas complets en une fois; ils sont successifs par leur nature même, et nous savons tous que ce n’est qu’avec l’aide du temps , des lumières de la civilisation , des ressources financières sagement accumulées, qu’on atteint insensiblement le perfectionnement, cl qu’on réalise ainsi les vœux les plus ardents des populations. S’il était nécessaire de recourir à des chiffres pour prouver que toutes les choses ici-bas ne se développent que peu à peu , nous dirions que l’application du système de drainage a été reconnue utile depuis longtemps , mais qu’elle a suivi une marche lente avant de parvenir à une pleine prospérité.

Nous savons, en effet, que plusieurs départements ont reçu à titre d’encouragement , avant l’adoption par le corps législatif de la loi du drainage , des subventions pour l’exécution des travaux de ce genre ; ainsi , par exemple , en 1 855 ,

Le Loiret a reçu 4,374 francs.

La C4te-d’0r 3,475 —

Le Doubs 2,400 —

Le Loir-et-Cher. . 2,200 —

La Corrèze 300 —

L’Allier 800 —

Les Hautes - Pyrénées . 900 —

Le Lot-et-Garonne 900 —

A divers comices de France 16,959 —

Ces chiffres, si minimes qu’ils soient, nous prouvent que l’utilité du drainage était fortement appréciée dans les hautes sphères du pouvoir, et que les circonstances seules, indépendantes de la volonté, ont fait ajourner un projet éminemment utile à la prospérité agricole de la mère patrie.

En Corse, plus qu’ailleurs, le système de l’assainissement et du drainage a besoin d’ètrc appliqué sur la plus large échelle. Nous avons fait remarquer à nos lecteurs, au chapitre IV, titre H, que l’une des causes qui contribuent puissamment à arrêter l’essor de l’agriculture dans l’ile de Corse, c’est l’abandon des plaines par les laboureurs pendant une grande partie de l’année. Après avoir signalé cette cause , nous croyons qu’il est bon de l’étudier sous toutes ses faces pour en faire connaître les dangers et les moyens qui pourraient les combattre. A cet égard , la science et l’expérience nous enseignent ce qu’il y a à faire pour aboutir à des résultats satisfaisants. Mais souvent, il faut l’avouer, quoiqu’on connaisse le mal et le remède pour le faire disparaître , il y a des obstacles qui ne permettent pas la réalisation de ce qui serait utile et ellicacc à la santé, à la fortune de tous; c’est le cas des agriculteurs corses. Nous voulons parler du manque d’argent ; celte seconde cause n’est pas moins funeste à l’agriculture, puisqu’elle condamne les champs à un état de stérilité malheureuse.

Les propriétaires des domaines situés dans les plaines, abandonnent aux soins de la nature des plages étendues et fertiles pour aller habiter des régions montagneuses où l’air est beaucoup plus pur, il est vrai,

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