CHAPITRE CINQUIÈME
mais où le soi est beaucoup moins productif. L’insalubrité est le motif de cet abandon, et elle est telle, en effet., depuis le mois de juin jusqu’au mois d’octobre , qu’il est dangereux d’y habiter à celte époque.
On comprend facilement quelles sont les causes de cette insalubrité. Tout le monde sait que là où il y a des étangs , des eaux stagnantes frappées en été par les rayons du soleil , là existent des exhalaisons funestes qui répandent les maladies et la mort dans les environs.
«Il n’y reste personne, écrivait M. illanqui en 18&8, » et la plus affreuse solilude règne dans loule la plaine, » en dépit de sa fécondité et du magnifique ciel bleu » qui la couvre. Tous les soirs , au coucher du soleil , » une vapeur épaisse et grisâtre s’élève du sein de ces » marais couverts de joncs et de roseaux ; elle plane » lourdement sur l’horizon et recèle dans ses flancs le « priucipe de ces fièvres intermittentes pernicieuses » qui brisent les constitutions les plus robustes, quand » elles ne donnent pas la mort. »
C’est pour celle raison que les propriétaires cultivent à peine, d’une manière défectueuse, la quarantième partie des immenses terres ■ d’alluvion d’Aleria, de Mariana et de Porto-Vecchio. Cet état de choses, déplorable au plus haut degré, ne peut durer plus longtemps, car le pays en souffre de toutes les manières, et ses souffrances sont d’un caractère assez grave pour qu’on songe à paralyser les terribles conséquences qu’entraîne après elle, depuis des siècles, l’insalubrité de ces vastes plages maritimes si riches et si fécondes et pourtant jusqu’à présent improductives.
« On trouverait difficilement, dit l’historien Jacobi, » un endroit plus favorisé de la nature que le territoire
» de l’ancienne ville d’Aleria. C’est une plaine d’en- « viron 50 milles carrés, baignée à l’est par les ondes » blanchissantes de la mer ; au nord par les eaux du » Tavignano, qui pourraient servir à l’arroser dans tous » les sens ; au midi par l’Orbo ; enfin bordée au cou- » chant par une longue chaîne de montagnes touffues » et peu élevées. Nul territoire n’est plus fertile que « celui dont nous parlons, et l’on a peine à dire jusqu’à » quel point il l’est , car la vérité ressemble à l’exagé- » ration. Celle fertilité prodigieuse se fait surtout n remarquer dans le Tagnone; mais toute la bande » orientale de l’ile , depuis et y compris Mariana jusqu’à » Porto-Vecchio , est à quelque chose près également » féconde. On trouverait difficilement en Europe un » sol où la végétation soit plus prompte ou plus vigou- » reuse. «
«Je ne sais, dit également Blanqui, ce que vaut » la Mitidja d’Afrique, mais j’adjure nos concitoyens » de se souvenir qu’il existe à 24 heures de Toulon n et à 8 de Livourne, une Mitidja française com- » parable à la terre promise et propre à toutes les « cultures. »
Depuis longtemps les populations de la Corse appellent de tous leurs vœux le dessèchement des marais ; les travaux de cette nature exécutés dans les environs de Calvi, de Saint-Florent et à l’embouchure du Golo, ont eu quelques succès et ont abouti à des résultats assez salutaires. Cependant, les sommes dépensées pour ces divers travaux ne sont pas très-fortes, ainsi :
Le dessèchement partiel des marais de Sl-Florait a coûte . . . 100,1 17 fr.
Idem. ileGalvi 6'J, 163
Idem. deCasinca (bassin (lu Golo). 18, .'171