‹ La Corse et son avenirChapitre 96 sur 256 · DK LA CULTURE DU MURIER. — CE QUELLE POURRAIT ÊTRE ES CORSE · texte numérisé non relu

DK LA CULTURE DU MURIER. — CE QUELLE POURRAIT ÊTRE ES CORSE

De la culture du môricr.

De nos jours , la culture du mûrier a pris des proportions colossales et élevé d’une manière notable la richesse de plusieurs contrées du continent français. Le développement qu’elle a reçu est très-sigfiificalif, et nous démontre combien il est utile d’y consacrer ses soins.

Déjà plusieurs départements de France ont grandi peu à peu et atteint, sous l’heureuse influence du progrès de l’industrie séricicole , un degré de fortune propre à servir les intérêts de la mère patrie , à satisfaire les goûts et les tendances des producteurs, et à assurer aux générations futures l’aisance essentielle à leur bonheur, à leur félicité ici-bas. Qu’on tourne un instant les regards vers les départements de la Drôme, de Vaucluse, du Var, de l’Ardèche, des Cévennes, des Vosges, des Hautes et Basses-Alpes , et qu’on nous dise ce qu’étaient ces contrées avant l’introduction du mûrier. Partout il y avait misère et privation , partout on souffrait, partout la vie était un fardeau; anjour-

d’hui tout a changé : le sol , d’abord ingrat , verse par mille voies diverses des trésors inépuisables qui profitent à l’agriculteur intelligent et actif, la misère a fui ses antiques foyers, le bien-être a succédé à la privation, l’aisance à la pauvreté, la vie à la mort; tels sont les succès du mûrier.

Mais ce n’est pas tout encore , cette heureuse métamorphose a également profité à la France entière , dont les représentants ont su , par des encouragements bien combinés, donner de l’essor à un élément de haute prospérité industrielle et commerciale. Il résulte en effet d’un rapport adressé à la société impériale d’agriculture , que les produits de la soie , en France , pendant l’année 1855, ont été de 2,545,000 kilogrammes, et que l’exportation a été de 1 ,455,000 kilogrammes. On évalue à 375 millions de francs la valeur des soieries annuelles fabriquées en France, représentant 250 millions pour la matière première et 125 millions pour la main-d’œuvre.

C’est dans la Lombardie, la Vénétie et les États sardes que la culture du mûrier a pris le plus d’extension ; la production seule de la Lombardie et du Piémont donne un ensemble de 26,222,580 kilog. de cocons, et ce chiffre dépasse celui de tous les autres pays réunis (25,279,351 kilog.). L’agriculture lombardo-vénitienne livre plus de cocons que la France; celle de toute la péninsule en fournit plus que l’Europe entière. La production annuelle des cocons est évaluée à 51,501,931 kilog., d’une valeur de 213,052,084 francs.

La filature emploie 259,712 ouvriers.

Le tableau officiel, dont nous ne donnons que les

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