‹ La Corse et son avenirChapitre 97 sur 256 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

chiffres sommaires, nous permet de constater que 51,999,051 kilog. de cocons produisent 4,195,758 kilog. de soie grége, d’une valeur de 238,138,759 francs, qui laisse, prélèvement fait des frais généraux , 19,759,437 francs de bénéfice net aux entrepreneurs.

Celte année, le déficit de la soie, survenu à la suite du fléau qui frappe le mûrier, a été en Europe d’environ 600 millions. Toutes les manufactures ont été obligées de s’approvisionner sur les marchés de l’Asie.

Dans ces circonstances, il faut reconnaître qu’il y a utilité majeure à accorder toute notre attention à cette branche importante de l’arboriculture. Certes, ce serait mal comprendre les intérêts les plus chers de la vie que de négliger le mûrier, qui produit des merveilles en donnant naissance à une foule d’industries toutes utiles, toutes civilisatrices. Tâchons donc de profiter de l’exemple de ceux qui se sont fortifiés, enrichis dans l’art séricicole, en faisant comme eux des efforts en vue d’atteindre le perfectionnement, et de porter de plus en plus haut l’avenir sérigène en France.

Cr qu'elle pourrait être en Corse.

La Corse est le département de là France qai es! le plus heure usemeot situé pour U production de la soie.

Rb'.vui , inspecteur général d'agriculture.

11 y a en Corse des mûriers de plusieurs sortes, à toutes les expositions, sur les coteaux comme dans les plaines ; tous sont également fort beaux et très-vigoureux. Le mûrier blanc à fruit blanc , si répandu dans le midi de la France, y devient superbe; son fruit et

sa feuille sont de la meilleure espèce; nous pouvons assurer que le succès de celte culture n’a rien d’hypothétique, et que les agriculteurs corses peuvent en toute sûreté y consacrer leurs soins. 11 serait à désirer qu’on cherchât à introduire en Corse le mûrier hlanc à fruit noir, très-rare en Provence ; il offrirait certains avantages , d’autant plus qu’il n’y prospérerait pas moins. De tout temps les Corses ont planté beaucoup de mûriers noirs, dont le fruit est bon à manger; quoique peu soignés, ils ont généralement acquis une grande beauté, leur fruit est juteux et d’une saveur très -agréable; mais la feuille do ce mûrier est grossière; on n’a pas l’habitude d’en donner aux vers à soie , et cette exclusion a de bons motifs.

Les mûriers, comme les oliviers de la Corse, sont en partie sauvages; les agriculteurs qui connaissent la greffe dédaignent de la propager; ce n’est pas à dire que la feuille sauvage ne soit pas propre à la nourriture des vers , sous un certain rapport elle est même préférable, car elle est plus tendre; les vers qui s’en nourrissent ne sont ni moins vigoureux , ni moins productifs ; mais peut-être en consomment-ils davantage; d’un autre côté, la quantité de feuilles que les arbres produisent est beaucoup moins considérable que celle des mûriers greffés , et les branches étant plus menues , plus tortueuses, présentent nécessairement un peu plus de difficulté pour la cueillette. Pourtant il serait bon que chaque propriétaire en eût quelques-uns de sauvages, car leur feuille est préférable pour les premiers jours de la vie des vers à soie.

En Italie on a depuis longtemps introduit l’usage des prairies de mûriers ; on sème la graine à la volée

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