EXTRAIT
iT un rapport adressé à M. le prifet de la Carte sur l’état de l'induttrie séricicole en Corse au mois de septembre 1847.
La Corse est un département heureusement situé pour la production de la soie. Nulle part ailleurs, sur le continent, le mûrier ne peut croître avec autant de facilité, et la beauté du climat y garantit le succès de l’éducation des vers. La Corse figure cependant au dernier rang des départements producteurs, quand la nature lui a donné tous les avantages qui pourraient la placer au premier.
La production de la soie grége se compose de trois parties bien distinctes qui forment en France trois industries tout à fait différentes, ce sont :
La culture du mûrier ;
L’éducation des vers à soie;
La filature ou dévidage des cocons.
Nous nous occuperons ici séparément de chacune de ces parties , comme dans le corps du livre.
1° C U L T U R K DB UBR1KR.
On peut encore retrouver les traces des premières plantations de mûriers qui ont été faites en Corse sous l’administration de Louis XVI. Il existe de ces vieux arbres aux environs de Bastia , à l’Arena (en Balagne ) , et dans l’arrondissement de Sartène. Leur belle venue , malgré l’incurie des cultivateurs, témoigne de la convenance du sol et du climat , et fait vivement regretter la destruction du reste.
Depuis cette époque , l’administration a toujours encouragé cette culture dans l’île , et particulièrement depuis 1830, en créant des pépinières; il en existe trois à ma connaissance : celle d’Ajaccio, celle de l’Arena et celle que le duc d’Orléans fit établir à Pigna, en Balagne. Je ne veux qu’énoncer des faits sans me permettre aucune critique ; mais je puis certifier que presque toutes les plantations importantes ont été faites avec des plants venus de France à grands frais d’achat et de transport, quand l’administration a fait toutes les dépenses nécessaires pour les procurer gratuitement. Et particulièrement moi , j’ai préféré acheter sur le continent des mûriers tout greffés et d’une belle venue, plutôt que de faire des frais de plantation pour des sauvageons rabougris. Le propriétaire ne peut pas être pépiniériste , il désire une culture prompte et facile , et il est bien préférable pour lui de faire les premières dépenses pour de beaux plants que pour des baguettes sauvages.
La Corse est cependant moins en arrière aujour-