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Vers quatre heures, au moment où un nuage blanc lamé d’or passait sur le soleil, faisant taire le gazouillis dans la cime de l’orme, on entendit un craquement sourd. Le cercle des curieux s’'élargit précipitamment. Au bas, Siméon avait saisi la hache, et, fébrile, portait les derniers coups. L’immense amas de verdure s’inclina dans le ciel, lentement d’abord ; p11s la chute s’accéléra et celui que les ouragans des siècles n’avaient pas ébranlé, s’abattit sur le chemin et dans le champ voisin, s’y écrasa avec un bruit de tempête fait du bris des branches, du choc menu des millions de feuilles, de cris et de battement d’ailes.
Il y eut cette minute de stupeur et de silence recueilli que provoque toujours le spectacle de la grandeur tombée, puis l’on se mit à l’œuvre pour
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de bin ban CÉT er usnsvitemearsne à 2éhrée à
débarrasser la route. On accepta les services des voisins. Les Hamel se répandirent dans la ramure et la besogne de mort continua, acharnée. A mesure que l’ébranchage avançait, le cadavre de l’arbre devenait hideux ; dépouillées de leurs feuilles, les branches amputées dressaient contre le ciel mauve d'énormes gestes de menace.
Le soir tombait et on alla souper. Marie alluma la lampe, et comme la route ne pouvait
rester barrée pour le lendemain, jour de marché,
les hommes prirent des fanaux et retournèrent à l’ouvrage. Dans la nuit qui montait sans lune et étreignait toutes choses, le bruit des haches, le grincement des godendards s’attaquant au tronc, le pas saccadé des chevaux tirant à la chaîne les énormes billes, les petites flammes qui couraient dans l'arbre, cette hâte, cet acharnement contre une chose morte et tombée, tout cela avait l’air d’un crime !...
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Un mois après, le curé de l’Ancienne-Lorette recommanda aux prières de ses paroissiens l’âme de Siméon Hamel, décédé à l’âge de soixante-dix
ans. Marie le suivit de près. Ils dorment maintenant tous deux à côté des ancêtres, à l’ombre de l’église, tout au bord de l’écorre de la rivière. En vérité, l’homme et l'arbre avaient des racines communes dans la terre des Hamel !
Les humbles qui vivent tout près de la terre et n’écrivent pas, retournent à elle tout entiers. Le peu qui reste d’eux tient à la maison q'''ils ont bâtie, aux choses qu’ils ont touchées, aux sillons qui leur ont donné le pain, aux arbres qui leur ont donné l’ombrage. Aussi la disparition de l’orme a-t-elle consacré l’oubli de tous les Hame ‘ ‘‘refois. Cependant, les jours de marché, quan:. les maraîchers de Saint-Augustin et de Bel-Air passent au petit jour, enveloppés dans leurs capots gris, ils montrent à leurs enfants, du bout de leur fouet, ce qui reste de l’orme des Hamel.
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