RÉPONSE AU DISCOURS DE M. LESAING I
traversa le Limousin en juin 1787 « ... La renommée laissée ici par Turgot est considérable. Les magnifiques chemins que nous avons suivis comptent parmi ses bonnes œuvres; on leur doit bien ce nom car il n’y employa pas les corvées »... Vous citerai-je les phrases suivantes d’une malice assez piquante? « Le même patriote éminent a fondé à Limoges une société d’agriculture; mais... comme dans les autres sociétés, on s’assemble, on fait la conversation, on offre des prix et on publie des sottises. Il n’y a pas grand mal à cela ; le peuple, ne sachant pas lire, est bien loin de consulter les mémoires qu’on écrit... »
En 1776, devenu Contrôleur général des finances, Turgot abolit la corvée royale. Les routes devaient être entretenues au moyen d’une augmentation de la taille qui du moins pesait sur tous les taillables, et de la capitation, qui pesait sur tous les sujets : c’était donc, comme vous le dites justement, un essai du principe de l’égalité devant l’impôt.
C’est ce que ne voulaient pas les privilégiés : aussi, à la chute de Turgot « cette mesure fut rapportée et les pauvres paysans remis à la chaîne ». Puis les assemblées provinciales de 1778, ï celles de 1787, revinrent à ses idées et réalisèrent, mais Seulement * à la veille de la Révolution, la réforme qu'il avait tentée.
Les États particuliers que le Maçonnais eut le privilège de posséder jusqu’à la fin de l’ancienne monarchie, et sur l’histoire desquels notre excellent confrère M. Demaizière nous a donné en 1906 des renseignements si intéressants et si précis, n’empêchèrent pas la corvée de sévir, mais, du moins, en proposèrentils la suppression, établissant à. sa place une taxe à laquelle tous les sujets du roi auraient été soumis. Ils parvinrent sans doute à réaliser cette réforme puisque vous nous dites que le 8 avril 1776, Mgr Moreau, évêque de Mcâcon et président-né des États particuliers, écrivait à Turgot, contrôleur général des finances,
Annales de ïAcad, de Mâcon. — 1911. 10