‹ La Côte d'IvoireChapitre 13 sur 19 · individus · texte numérisé non relu

individus

Famille mandé. . .

Famille sénoufo . .

Famille kroomen . .

Famille dan-gouro. .

Famille koua-koua .

Famille voltaïque . .

Il reste une vingtaine de milliers d'individus comprenant un bon nombre de noirs étrangers à la colonie et de petites peuplades aborigènes sur lesquelles les renseignements manquent encore.

La race noire est la seule représentée par ces familles. L'élément musulman compte à peine 90.000 individus, soit la seizième partie environ de la population qui est animiste dans son ensemble. La plupart des islamisés appartiennent à la famille mandé et une faible partie à la famille sénoufo

et aux Goulangos de la famille voltaïque. Pour rattacher les peuples, les groupes et les tribus en grandes familles, on

(PiaJhA Qotkfuf^

Fig. 7. — Rûparlilion des groupements ethniques.

est obligé de tenir compte à la fois de leurs traditions, de leurs migrations, de leurs dialectes, mais ces derniers sont

parfois nombreux chez un même peuple et n'offrent souvent entre eux que peu d'analogies apparentes. C'est en nous basant autant que possible sur les études antérieures traitant de cette question que nous allons examiner sommairement les différents groupements ethniques de la Côte d'Ivoire. Nous étudierons en premier lieu les familles de caractère soudanais (mandé, dan-gouro, sénoufo et voltaïque), ensuite celles originaires de la forêt (agni-ashanti, koua-koua, kroomen).

Famille mandé. — Elle se partage avec les familles sénoufo et voltaïque le territoire septentrional jusqu'aux environs du S^ de latitude, représentée encore un peu plus an Sud par les Ngans du Mango et du Diamala sur la rive droite de la Comoé et par les Diomandés Sokourala au Sud du Bafing dans le cercle de Touba. Au point de vue administratif, les peuples mandés se trouvent répartis dans les cercles de Bondoukou, de Kong, des Tagouanas, d'Odienné, du Ouorodougou et de Touba.

Les Ngans et les Mandés de la région de Bouna viendraient du Dagomba de la colonie du Togo, mais sur le territoire de Bouna se rencontrent aussi des Malinkés de Guinée et des Dioulas venus de TAshanti pareillement à ceux de la région de Bondoukou qui s'y sont installés vers le xv® siècle, après avoir abandonné la ville de Bégho, située dans la colonie britannique voisine, non loin de la frontière de la Côte d'Ivoire. Les Mandés conquérants du Barabo, établis sur la rive gauche de la Comoé (cercle de Bondoukou), sont originaires du Korodougou. Arrivés au début du xix*^ siècle, ils ont néanmoins gardé le dialecte agni adopté pendant leur séjour sur la rive droite de la Comoé au contact des gens de

l'Anno. Leur migration vers FEstfut anctéc par les Abrons qui se partagèrent avec eux le territoire occupé par les Goulangos qu'ils assujettirent. La région de Kong, habitée par les Sénoufos, fut envahie vers la fin du xvi^ siècle par les Dioulas de la région de Ségou probablement à la suite de la chute de l'empire de Mali. Us se répandirent peu à peu et furent plus tard rejoints au Sud par les Dioulas venus du Ouorodougou par le Korodougou ; ceux-ci gagnèreut une influence manifeste parmi les Sénoufos du Guimini et du Diamala. Au Nord-Est du Ouorodougou, au Nord du cercle de Touba, dans le cercle d'Odienné les Malinkés ou Mandingues forment im élément important de la population. Ils semblent être venus dans le pays après la chute de l'empire de Mali vers le début du xvi'' siècle, puis au xvii^ et au xviii^ siècle. Gonquérants, en majorité animistes, ils comprennent notamment les Nafanas, les Foulankas du Ouassoulou, les Toroukas. Les Diomandés seraient originaires de la région de Kankan, et les Bakayokos de la région de Tombouctou d'où ils sont venus dans un but de prosélytisme. Le Dioula est essentiellement commerçant. Il n'hésite pas à s'absenter de son village des mois, parfois des années, à parcourir les sentiers et les routes^ à séjourner dans des villages étrangers, à s'aventurer dans les régions les moins sûres. Peu brave, l'appétit du gain le conduit, au risque de sa vie, parmi les peuplades peu accueillantes de la forêt. Partout où il passe et particulièrement dans son village, il aime à donner l'illusion d'une aisance qu'il n'a pas ; orgueilleux, il aime à parader, à dominer, à esbroufer. Ge trait de caractère explique l'ascendant qu'il a pris sur les populations animistes paisibles dont il a pacifiquement envahi le territoire, ascendant

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Planche XIV

Fig. 29. — Type Dion la.

Fii,^ 30. — Femme Odienné.

Fig. 31. — L'Almamjde Bondoukou.

accru du prestige qu'il s'est acquis du fait qu'il sait réciter quelques sourates du Coran et quelquefois lire, écrire même un peu d'arabe. Toutefois devant le plus fort, il sait courber l'échiné, se faire onctueux dans ses gestes, humble dans ses paroles et sa morgue naturelle contraste singulièrement alors avec cette pleutrerie de circonstance.

Famille dan-gouro. — Son habitat s'étend de la rive droite de la Bandama jusqu'au delà de la frontière libérienne au Sud du 8° de latitude englobant les Touras, les Dans et les Gouros dont le territoire s'étend jusqu'au 6^ de latitude Nord. Les individus qui la représentent sont, au point de vue administratif, distribués dans les cercles de Touba, du Haut-Gavally, du Haut-Sassandra, du Ouorodougou et des Gouros. Les peuples dan et gouro, prolongement vers le Sud de la Côte d'Ivoire de la famille mandé avec laquelle ils ont d'incontestables affinités, sont fortement métissés de Mandé du Nord. Ils ont en outre fusionné avec les Baoulés dans les régions voisines de la rive droite de la Bandama et avec les Bétés dans la partie méridionale du pays constituant leur habitat. Comme les Mandés, les Dans et les Gouros se livrent à l'orée de la forêt à la culture du colatier. M. Delafosse a même proposé de les rattacher ethniquement à cette famille parce que « leurs dialectes, malgré la diversité des vocabulaires^ se rattachent à la famille des langues mandé » (1).

Les Dans du Nord entretiennent depuis longtemps d'étroites relations avec les Mandés qui les ont asservis. Ils ont pris les habitudes des conquérants, les caractères pro-

(1) Delafosse. Haut-Sénégal et Niger, t. 1er, page 297.

près aux populations du Soudan, un goiit très vif des danses et des tam-tam. Bons agriculteurs, ils savent tirer parti des produits de leur sol qu'ils vendent à des prix rémunérateurs sur les marchés qu'ils fréquentent volontiers chez eux ou à la limite de leur pays. Les femmes y apportent de l'huile, des condiments indigènes, effectuant parfois un jour de marche pour gagner quelques sous. Les hommes y apportent du riz et des colas, n'hésitant pas à les remporter si les offres qui leur sont faites ne les satisfont pas. Casaniers et craintifs, il répugnait autrefois aux Dans du Nord de quitter leur pays ; mais le besoin de se procurer des ressources transforme peu à peu leurs habitudes et déjà un certain nombre d'entre eux vont jusqu'à Bamako transporter les charges des Dioulas ou vendre leurs colas ; d'autres descendent à Daloa, Logualé et Duékoué où, aux années d'abondance, ils trouvent à écouler leurs réserves de riz.

Les Dans du Sud sont plus sauvages, plus renfermés, et individualistes comme les gens de la forêt. Us comptaient au moment de notre occupation parmi les indigènes les plus arriérés de la colonie.

Armés de fusils à pierre, pourvus de poudre de traite, bons tireurs, entraînés à la chasse, les Gouros opposèrent à notre occupation, entre 1907 et 1912, une résistance violente tant par esprit d'indépendance que parce qu'ils se rendaient compte qu'à l'établissement de notre domination devait correspondre la libération d'un nombre considérable de captifs. Dans un rapport sur les opérations militaires en pays gouro, daté du 14 novenil)re 1912, M. le commandant Noire écrivait d'eux : « Ils savent attendre l'adversaire pour le tirer à bout portant, et n'hésitent pas à des retours offensifs déno-

tant chez eux beaucoup d'adresse, de sang-froid, de bravoure et une résolution incontestable que nous aurons à utiliser dans l'avenir ». Avant la conquête, les colporteurs dioulas n'osaient s'aventurer chez les Gouros qu'en bande d'une centaine d'individus, et encore payaient-ils souvent de leur vie l'appât du gain qui les attirait dans un I3ays où la sécurité n'existait pas alors. Ne nourrissant plus l'espoir longtemps caressé que notre occupation aurait un caractère tout provisoire, les Gouros ont renoncé à la lutte, et complètement désarmés se sont soumis. Mais leur obéissance a besoin d'être constamment stimulée. Indifïérents à tout, méfiants, ils gardent une tendance à prendre la brousse et à y vivre de ses produits. Notre administration s'efforce patiemment de les grouper en villages, de leur donner le goiU du travail pour leur procurer des ressources, le bien-être dont ils manquent et dont ils n'ont pas d'ailleurs encore une notion bien précise.

Famille wsénoufo. — Elle constitue la majeure partie de la population des cercles de Kong, des Tagouanas, d'Odienné ; elle se trouve faiblement représentée dans les cercles de rOuorodougou et de Bondoukou. D'abord conquis pacifiquement par les Mandés-Dioulas, les Sénoufos ont été plus tard assujettis par ces étrangers. L'élément constitutif des groupes guiamala (5.500 individus), guimini (19.000 individus), tagbana (12.000 individus) du cercle des Tagouanas est sénoufo. Autochtones des régions qu'ils habitent, on trouve ailleurs encore des îlots de plus en plus clairsemés de cette famille tels les Senyas de l'Ouorodougou, les Gorombos, les Lorhos et les Wandaras du cercle de Bondoukou.

Cultivateurs très attachés à la terre, laborieux, doux, craintifs, peu intelligents, obéissants à des chefs puissants,

les Sénoufos ont subi Tinvasion mandé sans opposer aucune résistance. Physiquement bien constitués, obligés de travailler beaucoup pour faire rendre un sol souvent ingrat avec un outillage agricole des plus rudimentaires, les Sénoufos sont recherchés par les industriels et les exploitants forestiers à qui ils fournissent une main-d'œuvre appréciée. Ils descendent travailler en forêt et sur la côte où ils constituent de fortes équipes que leurs employeurs doivent relever tous les six mois s'ils veulent utiliser d'une façon constante leurs services, car ces noirs n'aiment pas à rester éloignés trop longtemps de chez eux.

Famille voltaïque. — Elle occupe la région centrale et septentrionale du cercle de Bondoukou. Elle se divise en deux groupes ; Fun de beaucoup le plus important, comprend les Goulangos ou Pakhallas ; le second est formé d'individus très arriérés, les Birifos et les Lobis chez qui notre autorité n'a pu encore s'établir définitivement. C'est d'ailleurs moins la soumission de ce groupement, comprenant quelques milliers d'habitants, qu'il convient d'obtenir que l'abolition d'une coutume assez semblable à la vendetta. La moindre discussion dégénère entre les hommes d'une même famille, entre parents en un duel à l'arc avec flèches empoisonnées qui a pour conséquence la saisie des biens du vaincu et le rapt de ses femmes. Physiquement d'une constitution remarquable, Birifos et Lobis ne sont pas vêtus. On raconte que les hommes de certains villages ayant voulu, en ces dernières années, adopter la blouse pakhalla durent renoncer à leur projet pour échapper aux lazzis et aux insultes des femmes qui résolurent de ne pas épouser un homme habillé. Laborieux, les Birifos et les Lobis s'adonnent à Télevage,

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Planche \V

Fig. 32. — Femmes Lobis, district de Bouna.

Fig. 33. — ïjpe de case Coulango.

cultivent le mil, Tigname et préparent le beurre de karité ; mais ils sont exploités par les Dioulas et les Pakhallas qui échangent leurs produits à des conditions dérisoires pour les vendre sur les marchés.

Attachés aux travaux de la terre comme les Sénoufos avec qui ils présentent de nombreuses analogies ethniques, les Coulangos ou Pakhallas forment une population de belle constitution, paisible, douce et pacifique. Les Abrons au Sud et les Mandés sont devenus peu à peu, par la conquête ou par l'invasion pacifique, les maîtres du territoire de leur pays. Les Coulangos, fortement éprouvés par les bandes de Samory, considèrent notre domination comme un bienfait qui les a délivrés de l'oppression abron et mandé. Ils ont fourni pour les travaux de terrassement nécessités par la construction de la voie ferrée une main-d'œuvre très appréciée pour son endurance et son rendement.

Famille agni-ashanti (1). — Elle a pour habitat, en Côte d'Ivoire, le territoire limité à l'Est par la frontière de la Gold- Coast, au Nord par le 8^^ de latitude, à l'Ouest par la Bandama sauf quelques enclaves (Kodés^ Souamlés, etc.) au Sud par le littoral à l'exception des espaces où sont établies les peuplades koua-koua. La famille agni-ashanti est représentée par trois groupes : 1^ le groupe zema ou apollonien établi surtout en territoire anglais occupe la côte Est dans le cercle d'Assinie, et pousse des colonies importantes jusqu'à Grand- Lahou où il forme une agglomération *d^ 600 individus environ ; 2° le groupe garnan et abron localisé dans la partie méridionale du cercle de Bondoukou ; 3^ le groupe agni. Ce

(1) Voir Essai de la langue Agni. Maurice Delafosse, année 1901.

dernier comprend les populations du cercle d*Assinie en jj^rande partie, du cercle de rindénié et du Bini, canton placé au Sud du Barabo sur la rive gauche de la Comoé. Dans le cercle du N'Zi-Gomoé, le groupe agni englobe les Quelles, les Agnis du Mango, du Morénou, les Agbas sur les rives du N'Zi lesquels comptent à eux seuls dix-neuf sous-tribus (1), les Ouarébos (Ayaous, Satekanas, Bros, Golis, Kodés), la Iribu des Faafoués (Faris, Dranvuas, Pepressous), la tribu des Saafoués (Abris), les Nzipouris, les Ngbans, les Soundos, les Mbahias, les Atoutous, Quelques tribus voisines des rives de la Bandama, telle que celle des Kodés, sont fortement métissées avec les Gouros.

Le mouvement de migration des éléments de la famille agni-ashanti s'est produit au xvni'' siècle de l'Est à l'Ouest de la Côte d'Or britannique vers la Côte d'Ivoire.

Les x\polloniens très entreprenants, âpres au gain, n'hésitaient pas, pour s'adonner à l'exploitation des produits de la forêt ou au commerce, à s'aventurer avant l'établissement de notre autorité dans la région forestière chez les peuplades les plus belliqueuses. Ils se distinguent des autres groupes de la famille agni par leur belle stature, la coloration foncée de la peau, la finesse des attaches de leurs membres. Les Agnis, indépendants et individualistes, ont opposé à notre domination dans le pays une résistance opiniâtre ; des tribus

(4) Linguiras, Satiahiris, Didafoués, Halis, Diapofoiiés, Assikafoués, Assabous, Ngbans de ïaniankro, Pandanfoiiés, Kongraioiiés, Koumassifoués, Dolofoués, Nginéfouos, Aki'onfoués, Sahés, Nzohos, (iiiinas, Guimbos. Les lîaoulés répartis dans les cercles du N'Zi-ComoL'. du liaoulé et en très petit nombre dans les cercles de l'Agnéby et de Lahou (rives de la Bandama) comprennent les tribus des Faafoués, les Ngbans. lesAttoutous, les Akouès, les Nanafoués.

soumises en apparence se sont révoltées à plusieurs reprises et ce n'est que par leur désarmement qu'il a été possible d'en venir définitivement à bout entre la Gomoé et la Bandama. Leur résistance a parfois été très sérieuse, et celle des Ayaous, par exemple, qui tinrent tête pendant plusieurs semaines à 600 tirailleurs, fît écrire au colonel Levasseur c( qu'elle commandait le respect ». Beaucoup d'Agnis se livraient et se livrent encore à Forpaillage (Indénié, Quelle, Faafouô, Akoué, etc.), mais toute la population de cette famille ethnique est essentiellement agricole.

Etant donnée la densité de la population agni dans les cercles du Baoulé et du N'Zi-Gomoé notamment, il est à présager que l'avenir économique de Ces régions sera des plus brillants. Soumis à présent, les Agnis ont fourni en ces dernières années d'importants contingents aux troupes noires ; Us se livrent chez eux aux travaux de cultures pour lesquels ils montrent un engouement spécial, et beaucoup vont chercher du travail dans les centres et dans les exploitations européennes.

Famille koua-koua. — On rassemble dans cette famille un certain nombre de peuplades n'ayant aucune affinité ethnique, parlant des dialectes distincts, mais qui ont été refoulées, massées au Nord des lagunes et sur la côte Est devant la poussée des mouvements de migration agni. Elles habitent le Sud du cercle d'Assinie (Akapless), le cercle des Lagunes (Ebriés, Adioukrous, Boubourys, Alladians, Batos, Attiés), le cercle de l'Agnéby (Abbeys, Abidjis, Attiés), le cercle de Lahou (Avikams). Il semble que certaines de ces tribus soient le résultat d'une fusion des Adioukrous avec les

Bétés, et que d'autres doivent être ethniquement rapprochées de la famille agni-aslianti.

Akapless, Batos, Attiés d'Alépé, Adioukrous, Boubourys, AUadians et Avikams sont de taille peu élevée. Assez industrieux, ils exploitent les ressources naturelles qui abondent sur les territoires qu'ils peuplent, s'adonnant à la pêche, à la préparation du poisson fumé pour la vente, à la préparation de l'huile et des amandes de palme. Les Attiés au nombre de 65.000, et surtout les Abbeys au nombre de 20.000 sont avec le petit groupe Abidji des peuplades demeurées farouches, sauvages, aimant la vie nomade et l'isolement. Leur mise en main a nécessité pendant la pacification d'énergiques interventions de la force et leur désarmement complet. Tranquilles à présent, mais essayant encore parfois de se soustraire à notre action en allant chercher refuge dans des campements de forêt, ces populations s'adonnent à l'exploitation du palmier à huile et des arbres à latex, à la culture du cacaoyer, et trouvent à s'employer aisément sur les chantiers forestiers nombreux dans le cercle de l'Agnéby.

Les Attiés du Nord sont orpailleurs.

Famille kroomen. — A l'exception de l'enclave avikame de la région de Lahou, elle occupe en Côte d'Ivoire, depuis le littoral, le territoire limité à l'Est par la Bandama, à l'Ouest par la frontière libérienne, au Nord par une ligne tirée du Sud de Tiassalé jusqu'à la Sassandra à hauteur du septième parallèle, et de ce point par une ligne rejoignant la frontière Ouest au parallèle 5^6 . Administrativement, la famille kroomen est distribuée dans les cercles de Lahou, du Haut et du Bas-Sassandra, du Haut et du Bas-Cavally. Cette famille se divise en deux groupes importants, celui des

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Planche XVI

Fig. 34. — Types Ebriés.

Fis:. 35. — Femme Attié.

Fig. 3. — Tam-tam Ebrié.

Bétés entre Bandama et Sassandra, celui des Bakoués compris surtout entre Sassandra et Gavally, auquel il y a lieu d'ajouter le groupe Neyau de la région de Sassandra qui n'englobe pas d'ailleurs plus de 9.000 indi\ddus.

Il convient de rassembler dans le groupe bété les Didas du cercle de Lahou, les Godiés, les Guibos, les Koudias du cercle du Bas-Sassandra, la majeure partie de la population du cercle du Haut-Sassandra, dont les Schiens. Cultivateurs, peu intelligents, d'un caractère méfiant et fourbe, d'une mentalité primitive, très individualistes, ne voulant admettre aucune autorité, à la fois craintifs et sanguinaires lorsqu'ils croient pouvoir être les plus forts, tels sont les traits susceptibles de caractériser les Bétés.

Les Bakoués, assez disséminés, comprennent dans le cercle du Haut-Gavally les Guérés avec les tribus Ouobés, Niépos et Boos qui comptent parmi les individus les plus primitifs de la Côte d'Ivoire, mais ils ne paraissent pas cependant dépourvus d'intelligence, et évolueront facilement lorsqu'ils auront définitivement admis notre autorité et se seront mis au travail après avoir abandonné la vie de bêtes sauvages qu'ils mènent encore. Les Bakoués du Sud, séparés des précédents par une zone désertique assez vaste entre Patokla et le Nord de Pagouéhi, peuplent le cercle du Bas-Gavally de tribus peu importantes dont les habitants sont disséminés en petits villages de quelques huttes. Ils sont en relations avec les Européens depuis très longtemps ; l'évolution qu'ils ont subie à leur contact a fait d'eux un groupement d'indigènes laborieux et intéressants dont on ne peut que déplorer la faible densité. Le Kroomen de la côte, surtout de la région de Béréby, aime à naviguer sur mer ; sa vie est à bord des

vapeurs desservant la côte d'Afrique où il s'embauche comme manœuvre. Au village, il apparaît intelligent, assez docile, un peu hâbleur et très individualiste ; au reste moins fainéant qu'on l'a prétendu, âpre au gain même, il s'adonne à la culture du riz pour assurer son alimentation, il exploite pour se procurer des ressources le palmier à huile en vue de la vente au commerce de l'huile et des amandes, et donne, depuis quelques années, une extension tout à fait intéressante à la culture du cacaoyer qu'il sait relativement facile et très rémunératrice.

Influence du milieu sur le caractère des populations. — Il est incontestable que le caractère des populations habitant la grande forêt ou qui eu sont originaires dili'ère du tout au tout de celui des populations de la savane. S'il est vrai que tous les peuples noirs d'Afrique trouvent leurs amusements favoris dans les danses, les chants et les tam-tam, le contraste de leur mentalité respective ressort aussi nettement de la façon dont ils donnent libre cours à leurs distractions. L'homme de la savane marque ses réjouissances d'une gaieté naturelle plus exubérante, plus bruyante et plus franche. Il est socialde, causeur, rieur, et toutes occasions lui sont bonnes pour exercer sa verve et se distraire après les rudes travaux de la terre. L'homme des bois au contraire apparaît méfiant, individualiste de nature et souvent taciturne. Ses danses et ses chants n'ont pas cette expression de sentimentalité si vivement exprimée parfois par les danses et les chants des gens de la savane, et laissent apparaître comme un atavicjue cachet de bestialité et de barbarie. Le concept des choses ne dépasse pas chez l'homme des bois l'horizon du village, le rideau de la forêt dense. Toujours

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Fig. 37. — Ki-oomen employés au passage de la barre

Fig. 38. — Tani-lam Adioukrou.

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aux écoutes, tel un animal sauvage, il est prêt à se dérober, à se dissimuler, à se jeter dans un fourré au moindre bruit insolite. Sa tendance à vivre isolé dans la brousse vient de la crainte qu'il a de ses semblables et de toutes choses.

Constitution physique. — Etant donnés le nombre des tribus, la diversité de leurs origines, les contacts et le métissage qu'elles ont subis, il est assez difficile de difïérencier le type propre à chaque famille ethnique. Dans une même famille ethnique, la moyenne de la taille de l'homme varie considérablement suivant les peuples et les groupes. En ce qui concerne par exemple la famille kroo, les Bétés de la région de Daloa sont grande (1 m. 68 à 1 m. 70), élancés, avec les membres assez grêles alors que les Bakoués du Bas- Gavally ont une taille moyenne de 1 m. 63 à 1 m. 65 et qu'ils sont comme les Neyaux du Bas-Sassandra massifs, bien charpentés, d'une musculature parfois extraordinaire. Les opérations de recrutement faites à la fin de l'année 1914, en 1915 et en janvier et décembre 1916 ont fourni d'utiles indications sur la constitution physique des indigènes puisque pour lever 16.000 hommes il en a été examiné au moins 180.000. Les groupes malinké et sénoufo ont fourni de très beaux hommes, à attaches fines, à musculature non massive ; dans le district de Boundiali, la moyenne de la taille a été de 1 ni. 70, du périmètre thoracique de 0 m. 89, du poids de 63 kilos. Dans le district d'Odienné, la moyenne de la taille a été de 1 m. 67 du périmètre thoracique de 0,87, du poids de 60 kilos (1). Chez les Gouros — à part les Gagous de la région d'Oumé petits et faibles — la moyenne de la taille a été de 1 m. 65, du périmètre

(1) Rapport de l'Adiiimistrateur Le Gampion.

thoracique de 0 m. 83 et ces moyennes se sont élevées à 1 m. 67 et 0 m. 85 dans le district de Zuénoula (1). Les individus des peuplades indépendantes (Abbey, Attié, Abidji, etc.), sont de taille peu élevée. Dans le groupe Baoulé, la moyenne de la taille de l'homme oscille entre 1 m. 60 et 1 m. 63. Le Baoulé a le type foncièrement nègre ; le nez est épaté, le prognathisme est accusé tandis que chez les autres peuples, il arrive fréquemment de rencontrer le nez large non épaté mais à narines ouvertes, les lèvres peu épaisses, le prognathisme relativement faible. D'une manière générale, on f) eut avancer que les hommes de petite taille sont, dans la région forestière et du Baoulé, les plus robustes et les mieux découplés. L'homme de la savane de la haute côte est plus svelte, plus élancé, plus résistant que l'homme des bois mal entraîné aux fatigues, et accoutumé à se suffire de peu. C'est ce qui explique que les recrues Schiens du district de Gagnoa (cercle du Haut-Sassandra), sous des dehors de belle constitution, soient incapables de rendre un effort soutenu. On a attribué une autre cause de faiblesse physique, notamment chez les Dans et Guérés du Haut-Gavally, à la coutume de marier les femmes alors qu'elles ne sont âgées que de treize à quatorze ans. On en voit enceintes ou allaitant des enfants et qui n*ont guère plus de cet âge. Il est à remarquer d'autre part que l'homme ne conserve toute sa force que jusque vers la trentaine ; ensuite tout en gardant apparente sa constitution physique normale il est moins endurant (2). On a cru voir dans la taille peu élevée des indigènes de certaines parties de la forêt une adaptation de

(1) Rapport du Capitaine Foussat.

(2) Commandant Lemoigne.

LES HABrTAiSTS 113

Tespèce au milieu connue pour le bétail. Les chiffres donnés plus haut pour les individus de la famille kroomen par exemple contredisent nettement cette opinion.

Au point de vue de la coloration de la peau, il serait téméraire d'établir une règle générale et de dire que les populations de la forêt ont la peau plus claire que celles de la savane, car il est des individus très clairs dans la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire que les indigènes appellent morJiooiiié, les gens rouges, de même qu'il est des groupes tels les Schiens et les Zémas dont la coloration est très foncée. A l'ordinaire , la coloration de la peau est d'un marron plus ou moins prononcé.

Les cheveux sont crépus. Le système pileux normal est particulièrement développé chez les individus appartenant à la famille kroomen. Nous n'avons entendu citer qu'une exception de cheveux lisses chez un individu appartenant à la tribu abbey. Dans les tribus koua-koua, kroomen, agni, baoulé, la chevelure aussi bien chez l'homme que chez la femme est habituellement tenue assez courte et rassemblée en petites touffes formant des carrés isolés. En forêt, les hommes et les femmes se rasent fréquemment pour ne laisser subsister qu'une calotte de cheveux ou une touffe au sommet du crâne. La chevelure est l'objet de soins... mais d'une façon trop intermittente. Elle est souvent rasée chez les islamisés et toujours chez les animistes hommes ou femmes — à l'occasion d'un deuil de famille. Les cheveux sont déposés sur la tombe du défunt ou sur le fétiche familial. Toutefois, cette habitude commence à se perdre chez les indigènes vivant depuis longtemps à côté de nous. La femme agni tresse sa chevelure en mèches ou lorsqu'elle est assez

longue la rassemble autour d'un énorme paquet de fauxcheveux le tout soutenu par un foulard. Dans le Nord, la fenmie adopte la coill'ure en cimier bourrée d un petit matelas avec deux mèches tressées descendant le long dçs tempes, une mèche descendant au milieu du front ou deux petites mèches tombant sur la nuque ; quelques jeunes gens ont également ce mode de coifi'ure. Mais la coiffure est souvent une question de mode et varie à l'infini dans une même tribu. Les vieillards et parfois les jeunes gens portent la barbe ; chez les Mandés, les Dioulas, les Malinkés et les Sénoufos elle est fréquemment un mince collier ; chez les Baoulcs, les Guérés, les Bakoués, les Neyaux elle est souvent tressée puis nouée. De la moustache ne subsiste quelquefois qu'une petite touffe aux commissures des lèvres, le reste est rasé. Le noir étant priseur, prend sans doute cette précaution pour éviter de s'enduire la base des narines de poudre de tabac.

Tares. — Avant notre établissement dans la colonie, des villages entiers étaient décimés par la variole. La vaccination préserve aujourd'hui la population de ce redoutable fléau. Elle est pratiquée partout, et dès à présent une grande partie des indigènes sont immunisés.

Au cours des opérations de recrutement, les médecins assistant les commissions mobiles ont observé l'extrême fréquence des adénites. Des cas de goitre fréquents ont été relevés dans le district de Touba, un peu partout de la lèpre, et de rares cas de maladie du sommeil. La lèpre qui paraît plus commune en savane qu'à la côte n'est pas tenue par les indigènes pour une maladie contagieuse. Aucune précaution n'est prise par eux pour éviter la promiscuité de

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Planche XVIII

Fig. 39. — Indigène atteint de goundoii à la l'ace.

Fig. 40. — Tan Daté, roi des Abrons.

LES HABITANTS tl5

ceux qui en sont atteints. D'après les Dioulas de Bondoukou l'homme contracte cette affection qu'ils appellent « sira oulé » ou maladie rouge lorsqu'il a des rapports avec une femme en état d'impureté. Les gens du Barabo affirment que les enfants ou les petits enfants d'une lépreuse sont jDrédisposés à cette maladie caractérisée le plus souvent par Tabsence d'une ou plusieurs phalanges ou même de la partie dun membre, ou enfin par des taches sur la peau. Mais l'origine de la lèpre est insoupçonnée de la plupart des indigènes qui y voient une vengeance de la divinité. Le béri-béri, maladie de misère, se remarque le plus souvent dans les régions forestière et côtière et dans les vallées ; il a pour cause l'uniformité et les mauvaises conditions de Falimentation, le manque de confort et d'hygiène. Mal logés et peu couverts, les indigènes sont sujets aux refroidissements nocturnes surtout pendant l'harmattan ou la saison des pluies. Il en résulte des bronchites, des pneumonies, des entérites dégénérant en dysenteries. Les affections cutanées sont fort communes : gale, herpès, crow-crow, abcès provoqués par la filaire de Médine, éléphantiasis des pieds, des bourses et des seins. Ces affections sont vraisemblablement dues au manque d'eau pendant une partie de l'année et à la nécessité où se trouvent les indigènes d'utiliser l'eau infecte des marigots ou des puits creusés dans le sol à deux ou trois mètres de profondeur.

11 existe chez les indigènes de la Côte d'Ivoire un cas assez fréquemment rencontré de tumeurs des os de la face. Cette affection connue sous le nom de « gounndou » est caractérisée par une double excroissance se développant de chaque côté du nez, sous l'œil, et prenant la forme, d'un cône qui croît

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jusqu'à faire perdre la vue au uialadc. Le gounndou, qui serait spécial à la Cote d'Ivoire et au pay?» ashanti se reucuntre principalement dans la vallée du cours inférieur de la Conioé et dans la tribu attié à proximité de celle-ci, c'està-dire dans la zone sylvestre de la partie orientale de la colonie. Toutefois, en deliors de cette région, nous avons rencontré ces tumeurs chez un enfant d'une huitaine d'années à Bouaké dans le Baoulé et chez deux individus à Bingerville dans le cercle des Lagunes, à Dimbokro dans le N'Zi-Gomoé. En janvier 1913, un médecin canadien, M. le docteur Roy, spécialiste des maladies de la tête et qui s'est beaucoup intéressé au « gounndou » à son passage dans la colonie, a opéré plusieurs cas dans d'excellentes conditions. Ce praticien a détaché les excroissances à l'aide d'un petit maillet en prenant les plus grandes précautions pour éviter d'inquiéter la muqueuse nasale (1). Reste à savoir la cause du gounndou. Reste aussi et surtout à savoir si les tumeurs symétriques ne se développeront pas à nouveau sur les sujets opérés.

Mutilations. — Les peuplades guérés, dans, ouobés, koua-koua, les Gouros, les Kroomen pratiquent la taille des incisives en pointe ; (quelquefois les deux premières incisives sont seules taillées de manière à laisser entre elles un espace en V renversé. Les femmes du Birifo, du Lobi et du pays schien et dida s'introduisent dans la lèvre supérieure des rondelles de calebasse ou des morceaux de bois. Les femmes sénoufos s'introduisent dans la lèvre inférieure un morceau

(1) M. 1(3 Médecin-major liolreau-Koussel. a de 191i à HM7 opéré avei; succès prps de <'cnl individus .itioints du gounndou.

Joseph

Planche XIX

Fig. 41. — Dioiilas rte Bondoukou

de quartz de forme allongée et poli ou de petites baguettes de fer ou de bois.

Les femmes des régions soudanaises portent parfois de petites boucles d'oreille en or sur le pourtour du lobe percé de trous.

La circoncision et Texcision ne sont guère pratiquées que dans quelques peuplades du Nord, islamisées ou animistes. La première a lieu tantôt le septième jour de la naissance tantôt vers Fàge de huit ou dix ans. L'excision, non pratiquée par les Dioulas de Bondoukou, l'est au contraire à Sorhobangho, village voisin en partie composé de Huélas : l'opération a lieu cinq mois avant le mariage. Ces pratiques donnent lieu à des fêtes, à des danses et à des cérémonies curieuses.

Presque dans toute la colonie les scarifications et les tatouages très variés suivant les tribus et la mode sont une parure pour les indigènes. Les Dioulas de Bondoukou et d'Odienné s'enorgueillissent cependant de n'avoir aucune marque de cette nature sur le visage ou sur le corps. L'homme réduit ordinairement cette parure au visage, la femme la porte aussi sur le corps : tatouage des femmes agni et koua-koua sur les reins, scarifications et cicatrices rayonnant de l'ombilic des femmes de Kong, etc. Les tatouages les plus communs sont les suivants. Yokoboués du Nord de la lagune de Lahou : quatre lignes jiarallèles sur les tempes et entre les sourcils ; Avikams, AUadians, Adioukrous : trois points entre les sourcils ou sous les yeux peu à peu remplacés depuis quelques années par le tatouage fanti et agni consistant en une petite croix sur chaque joue remplie de poudre de charbon de bois et de sucs végétaux ; Bétés,

Shiens, Didas, Guérés, Ouobés : cicatrice passant au milieu du front et du nez ; Bakoués : tatouage simple, double ou triple au milieu du front ; Goulangos du district de Bouna : quatre petites coupures aux commissures des lèvres et quelquefois entre les sourcils, également cicatrice en cercle sur chaque joue ; Sénoufos : trois cicatrices plus ou moins longues et profondes sur chaque joue ; Touba : trois cicatrices en relief et très accentuées sur chaque joue.

Anthropophagie. — Les trois seuls groupes anthropophages de la colonie sont les Ouobés, les Guérés et les Dans du cercle du Haut-Cavally et du Sud du cercle de Touba. Voici ce qu'écrivait au sujet de cette coutume barbare, ardemment combattue par notre administration, M. le Chef de bataillon Bordeaux dans un rapport du 25 avril 1912 sur les opérations de pacitîcation du territoire ouobé-guéré de la rive gauche du N'Zo.

« Ces populations ont un caractère commun, l'anthropophagie, dont il faut chercher la cause initiale dans le manque à peu près complet de viande autre que la chair humaine. La chasse à l'homme qui en résulte, entretient une guerre perpétuelle entre cantons et même entre villages et favorise évidemment peu les groupements. On doit dire cependant, à leur décharge, qu'on ne mange que les corps d'ennemis tués ; on ne consomme pas les siens et même on n'abat pas pour manger ; si la chasse, par exemple, produit des prisonniers on ne les saigne pas, mais on les conserve pour les échanger contre des bœufs que le vaincu se procure à grands frais, à Semien ou dans les marchés avoisinants. Quelques détails sont intéressants : la viande humaine ne se mange que bouillie, jamais crue ni rotio : on la fait

préalablement macérer dans des canaris où les membres alternent par couches avec des piments. Le morceau le plus estimé est le ventre déjeune femme ; les mains sont conservées par le guerrier pour être offertes en cadeau à sa préférée qui, des osselets, fait une parure ; les enfants et les vieillards sont considérés comme non comestibles. » Le Capitaine Laurent, qui a résidé longtemps dans ces régions, affirmait toutefois avoir vu des guerriers de ces tribus débiter leurs camarades de combat tués par nos balles et en emporter les morceaux à coup sûr pour les manger. D'autre part, le tribunal de cercle deMan a connu, en 1915, d'une affaire de cannibalisme dans laquelle plusieurs individus étaient inculpés, et furent reconnus coupables de s'être livrés périodiquement à des festins de chair humaine, choisissant les victimes parmi les enfants de leurs propres familles lorsqu'ils n'avaient pu s'en procurer ailleurs.

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